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Les responsables de gauche et de l'extrême-droite se montrent sévères sur la prestation télévisée du président Nicolas Sarkozy, qu'ils ont trouvé éloigné des préoccupations des Français. /Image diffusée le 25 janvier 2010/REUTERS/TF1 Television/HO
PARIS (Reuters) - L'opposition, du NPA d'Olivier Besancenot au FN de Marine Le Pen, juge avec sévérité la prestation télévisée du président Nicolas Sarkozy, qu'ils ont trouvé éloigné des préoccupations des Français.
En près de deux heures, lundi soir sur TF1, le chef de l'Etat s'est efforcé de calmer les inquiétudes des Français face à la crise économique.
Il a annoncé une baisse prochaine du chômage et promis de réformer les retraites sans remettre en cause le régime par répartition ni réduire le montant des pensions.
Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a dénoncé "une formule qui ne marche plus".
"On a eu le sentiment que le président se justifiait, tentait de faire un plaidoyer pro domo en faveur de sa politique et qu'au bout du compte, il avait en face de lui l'oreille lasse d'hommes et de femmes qui ne croient plus tellement dans cette formule", a-t-il dit sur Europe 1 après l'émission.
Pour le député socialiste Manuel Valls, le président a "perdu le contact avec les Français".
"Depuis deux ans et demi, il y a quelque chose de cassé qui ne peut pas se reconstruire", a-t-il estimé sur RTL. "Il n'y avait pas d'empathie. Il manque quelque chose de cardinal, d'essentiel dans sa politique, c'est le sentiment de justice."
Arnaud Montebourg lui a fait écho sur France 2.
"Lorsqu'il se rend sur le terrain, il est toujours bordé de rangées très épaisses de CRS, il ne discute plus avec les Français en liberté", a observé le député.
Razzye Hammadi, secrétaire national du PS, a dit sur i>Télé avoir eu "le sentiment d'un président qui perdait pied, une incapacité totale à apporter concrètement quelques éléments".
François Hollande a trouvé Nicolas Sarkozy "en panne de cohérence et en incantation". "Il a pris des décisions depuis deux ans et demi et elles ne sont pas lisibles", a estimé l'ancien premier secrétaire du PS sur Europe 1.
"SCANDALITE AIGUË"
Sur France Info, l'eurodéputé socialiste Vincent Peillon a reproché au président de la République d'avoir pris "tant de temps d'antenne" pour "ne faire aucune annonce ni proposition" et noté que le chef de l'Etat resterait "au chaud à l'Elysée" pendant la campagne des élections régionales de mars.
Pierre Moscovici a trouvé l'émission "assez affligeante" avec un président "qui ne s'est pas mis en danger, qui s'est mis dans le bon rôle de celui qui écoute". "Au final, on n'a pas le sentiment d'avoir un président de la République en ce moment", a-t-il dit sur Radio Classique.
La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a ironisé sur un Nicolas Sarkozy "atteint d'une nouvelle maladie: la 'scandalite aiguë'".
"Tout le scandalise !", a-t-elle lancé sur Europe 1. "Il trouve scandaleux le comportement des banques qui ne prêtent pas, le comportement des constructeurs automobiles qui délocalisent. Mais tous ces gens-là ont fait l'objet de toutes les attentions du gouvernement."
Le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, Olivier Besancenot, a dénoncé sur France Inter sa "vraie fausse compassion pour les gens qui sont victimes de sa politique".
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a jugé la prestation présidentielle "paternaliste" et "assez plan-plan". "On ne lui demande pas de la compassion, on lui demande d'agir et d'apporter des réponses", a-t-elle dit à la presse.
Le dirigeant centriste du Mouvement Démocrate, François Bayrou, a estimé que la prestation présidentielle sonnait comme "un constat d'échec".
"Je n'ai trouvé à aucun moment dans les affirmations ce mouvement d'ensemble qui fait que les peuples adhèrent à une politique suivie. Il manquait une perspective, un horizon, une vision", a-t-il dit sur Radio Classique.
A droite, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre a dénoncé des critiques "caricaturales" à l'égard du président.
"Comme l'objectif était clairement d'expliquer, d'être pédagogue, d'expliquer et de tracer un peu des perspectives, je pense que Le président de la République l'a fait", a-t-il dit sur i>Télé.
Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a estimé sur LCI que le président avait eu "le courage de dire les choses" sur le chômage et les retraites.
Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet