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Nicolas Sarkozy a pris acte jeudi du dénouement du procès Clearstream, dans lequel il était partie civile et qui se solde par la relaxe de son ancien rival politique à droite, Dominique de Villepin. Cette relaxe n'est pourtant pas une bonne nouvelle pour
par Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a pris acte jeudi du dénouement du procès Clearstream, dans lequel il était partie civile et qui se solde par la relaxe de son ancien rival politique à droite, Dominique de Villepin.
Cette relaxe n'est pourtant pas une bonne nouvelle pour le chef de l'Etat, qui risque de retrouver sur sa route le dernier Premier ministre du président Jacques Chirac.
"Le fait que Dominique de Villepin veuille se mettre sur le chemin de Nicolas Sarkozy n'est un mystère pour aucun des deux", estime ainsi le directeur de CSA Opinion, Jean-Daniel Levy.
L'affaire de manipulation de faux listings de la société luxembourgeoise Clearstream, dans lesquels avaient été introduits les patronymes hongrois de l'actuel chef de l'Etat, a empoisonné les relations entre les deux hommes depuis 2004.
Dominique de Villepin était poursuivi pour complicité de dénonciation calomnieuse mais a toujours clamé son innocence.
Dans un communiqué de six paragraphes aux termes pesés au trébuchet, Nicolas Sarkozy prend acte du fait que le tribunal correctionnel de Paris juge impossible de prouver son rôle dans la manipulation des listings de Clearstream.
Le chef de l'Etat, qui a appris le verdict par son avocat à l'issue d'une conférence sur les déficits publics, annonce qu'il ne fera pas appel - bien que seul le procureur soit habilité à faire appel de la partie pénale du verdict, donc de la relaxe.
Il rappelle qu'il s'était constitué partie civile pour que "nul n'ait la tentation de se livrer à l'avenir" à des pratiques qui "déshonorent la démocratie".
"Le jugement me donne satisfaction", ajoute Nicolas Sarkozy, qui affirme ne nourrir aucun ressentiment à l'encontre des trois prévenus condamnés - l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, l'informaticien Imad Lahoud et le consultant Florian Bourges - tout en affirmant s'interroger sur leurs motivations.
Le chef de l'Etat, dont c'était le 55e anniversaire, note en revanche "la sévérité de certains attendus" visant Dominique de Villepin - ultime flèche après des années d'échanges assassins.
CLIMAT DE HAINE ET COMBAT SINGULIER
Le climat de haine entre les deux anciens ministres de Jacques Chirac avait de nouveau jailli au grand jour au moment du procès, l'automne dernier.
Le 23 septembre, le chef de l'Etat, oubliant la présomption d'innocence, a laissé échapper dans une interview réalisée par TF1 et France 2 à New York que "les coupables" étaient traduits devant le tribunal correctionnel de Paris.
Nicolas Sarkozy, pour qui la manipulation des faux listings visait à torpiller ses ambitions présidentielles, avait promis en 2007 que les coupables "finiraient sur un croc de boucher", selon des propos rapportés par des proches et jamais démentis, qui visaient de toute évidence Dominique de Villepin.
L'intéressé ne s'est d'ailleurs pas privé de le rappeler le 20 octobre, après que le procureur ait requis contre lui une peine de 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende.
"Nicolas Sarkozy avait promis de me pendre à un croc de boucher. Je vois que la promesse a été tenue", avait alors dit à la presse Dominique de Villepin, qui avait dénoncé, au premier jour du procès, "l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy".
"Il devra s'expliquer le moment venu, quand la lumière sera faite sur ce dossier, sur l'acharnement qui a été le sien, qui à mon sens n'est pas sans conséquence pour sa fonction, ni sur le plan humain, ni sur le plan politique", dit-il alors à LCI.
Selon le directeur du Point, c'est lui qui disait en 2004 : "Sarkozy, c'est fini. Si les journaux font leur travail, il ne survivra pas à cette affaire-là." Des propos qu'il a toujours démenti avoir tenus mais dont la version rapportée par Franz-Olivier Giesbert n'en a pas moins été versée au dossier.
Relaxé, Dominique de Villepin, retrouve plus que jamais sa liberté de parole et ne cache pas son désir d'action.
"Toutes ses déclarations reflètent sa volonté de se démarquer de Nicolas Sarkozy et de lui livrer un combat singulier dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012", souligne Jean-Daniel Levy.
Ce que confirme un de ses partisans : "Dominique de Villepin est une offre alternative à droite", dit le député UMP Georges Tron, pour qui la relaxe donne "un peu plus de crédibilité" à l'ancien Premier ministre et "lui laisse l'esprit beaucoup plus libre pour aller à la rencontre des Français".
Avec la contribution d'Emile Picy et de Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse