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Martine Aubry a appelé jeudi à constituer une liste de rassemblement de la gauche aux élections régionales contre l'ex-socialiste Georges Frêche, qui embarrasse de nouveau le PS après des propos litigieux sur Laurent Fabius. /Photo prise le 12 janvier 201
PARIS (Reuters) - Martine Aubry a appelé jeudi à constituer une liste de rassemblement de la gauche aux élections régionales contre l'ex-socialiste Georges Frêche, qui embarrasse de nouveau le PS après des propos litigieux sur Laurent Fabius.
Hélène Mandroux, maire socialiste de Montpellier (Hérault), a annoncé qu'elle acceptait la proposition de la dirigeante du PS de conduire une liste concurrente à celle de Georges Frêche, appelant les écologistes à la rejoindre, sans succès apparent.
"J'appelle tous les socialistes, toutes les composantes de la gauche et les écologistes à venir me rejoindre sans arrière-pensée, sans calcul", a-t-elle dit lors d'une déclaration à la presse.
La décision du premier secrétaire du PS sera soumise pour validation mardi au bureau national, instance exécutive du PS.
Hélène Mandroux espère mener sa liste aux côtés du porte-parole national des Verts, Jean-Louis Roumégas, élu local dans cette région, mais ce dernier a maintenu qu'il conduirait une liste Europe Ecologie au premier tour.
"La question est de savoir si Martine Aubry est prête, déjà, à rassembler les cinq fédérations PS de la région qui sont derrière Frêche, de les discipliner, de les mettre derrière Hélène Mandroux. Si oui, c'est une bonne nouvelle, cela voudrait dire qu'un rassemblement est possible avec de nouveaux partenaires pour le second tour", dit-il au quotidien Midi Libre.
Plusieurs responsables socialistes de la région ont confirmé jeudi qu'ils continuaient le combat avec Georges Frêche.
Coutumier des déclarations fracassantes, Georges Frêche, président sortant du conseil régional de Languedoc-Roussillon, qui brigue un nouveau mandat en mars, déclare dans L'Express paru jeudi que voter pour Laurent Fabius, candidat aux régionales en Haute-Normandie, lui "poserait un problème".
"Il a une tronche pas catholique", dit-il à propos de l'ancien Premier ministre socialiste, qui est d'origine juive.
SOS Racisme a fait part de sa "consternation" et demandé au PS d'arrêter de "se compromettre avec ce personnage". Pour la Licra, ces propos prouvent "la vitalité des courants racistes, antisémites et nazis en France".
Dénonçant "une chasse à l'homme", le président de Languedoc-Roussillon a multiplié les mises au point, se défendant de tout antisémitisme et expliquant, dictionnaire à l'appui, avoir choisi une "expression populaire utilisée par tous les Français depuis des siècles".
"BRANCHE POURRIE"
Suspendu du PS en 2007 pour des dérapages verbaux à répétition - sur les harkis ou encore les joueurs noirs de l'équipe de France de football -, Georges Frêche n'a pas été officiellement investi par le PS en Languedoc-Roussillon.
Il se présente sous l'étiquette divers gauche mais nombre de ses co-listiers sont socialistes.
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a déclaré que le mouvement Europe Ecologie était prêt à travailler avec Hélène Mandroux en Languedoc-Roussillon.
En octobre, les militants socialistes locaux avaient massivement approuvé la candidature d'un proche de Georges Frêche, qui avait cédé la place à ce dernier.
La direction du parti, qui ambitionne de réaliser le "grand chelem" en remportant les 22 régions métropolitaines - elle en contrôle vingt -, n'avait pas présenté de liste concurrente.
"Après ce type de provocation, le risque de perdre une région n'est rien par rapport au risque de perdre l'essentiel, c'est-à-dire nos valeurs et notre âme", a dit jeudi le député socialiste Manuel Valls sur France Info.
Laurent Fabius n'a pas officiellement réagi à ses propos. Claude Bartolone, un proche de l'ancien Premier ministre, avait réclamé dès mercredi soir la constitution d'une nouvelle liste en Languedoc-Roussillon.
Il a été rejoint par une grande partie des dirigeants du PS, d'Harlem Désir à Bertrand Delanoë, en passant par la député Aurélie Filippetti, qui a déploré des propos "à vomir".
Pour Arnaud Montebourg, "il faut couper la branche pourrie du Frêchisme". "Quittons les intérêts électoralistes supposés, défendons nos valeurs et nos principes en Languedoc-Roussillon. Il n'est jamais trop tard pour bien faire", a déclaré le député de Saône-et-Loire dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
De son côté, la majorité a mis en demeure le PS de mettre en accord "ses paroles et ses actes" sur la rénovation politique.
Sans une liste alternative à Frêche, les socialistes auront "moralement" perdu les élections quel qu'en soit le résultat, a estimé sur LCI le ministre de la Défense, Hervé Morin.
Le député UMP Eric Raoult, pour qui Martine Aubry joue sa crédibilité de présidentiable dans cette affaire, a dit sur Canal+ avoir "découvert un Le Pen de gauche" en Georges Frêche.
Laure Bretton