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PARIS (Reuters) - "Je suis le Villepin d'Aubry", a déclaré vendredi Georges Frêche qui s'estime victime d'une manoeuvre du premier secrétaire du Parti socialiste dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012.
Martine Aubry a décidé jeudi de bâtir une liste concurrente à celle de Georges Frêche pour les régionales de mars en Languedoc-Roussillon à la suite d'un nouvel écart de langage du président sortant du conseil régional.
Exclu du PS en 2007 pour des dérapages verbaux, Georges Frêche suscite à nouveau la polémique pour des propos visant Laurent Fabius, candidat socialiste en Haute-Normandie.
Dans un entretien publié jeudi par L'Express, il explique que voter pour Laurent Fabius lui poserait "un problème parce qu'il a une tronche pas catholique". L'ancien Premier ministre socialiste est d'origine juive.
"Il n'est pas question de s'excuser parce que ce que je dis, c'est une expression courante. J'ai regardé tous les dictionnaires", a réaffirmé Georges Frêche sur Europe 1.
"Dans cette affaire, on m'utilise comme tête de Turc pour la campagne des régionales, (...) pour la campagne nationale des présidentielles à venir", a-t-il affirmé.
"Moi je suis le Villepin d'Aubry", a-t-il lancé en référence à l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, relaxé jeudi dans le procès Clearstream qui l'opposait au président Nicolas Sarkozy.
"J'ai autre chose à faire que de servir de punching-ball à Martine Aubry", a-t-il martelé.
"Madame Aubry cherche à éliminer les fédérations socialistes du Languedoc-Roussillon parce qu'elle a peur qu'elles ne votent pas pour elle pour les prochaines présidentielles", a dit Georges Frêche. "Elle a décroché le pompon, ça m'étonnerait qu'elle fasse beaucoup de voix ici".
Dans un entretien publié vendredi dans Le Parisien, le président de la région Languedoc-Roussillon assure bénéficier de "beaucoup de soutiens : Julien Dray, Henri Emmanuelli, Benoît Hamon...".
"Je suis comme Chirac en 1995, j'ai plein de couteaux dans le dos mais je suis debout et les couteaux, ils vont tomber tout seuls", a dit Georges Frêche sur Europe 1.
Jacques Chirac avait dû affronter la candidature rivale d'Edouard Balladur, soutenu par Nicolas Sarkozy, dans la course à la présidentielle de 1995 et l'avait finalement emporté alors qu'il était donné perdant.
Sophie Louet