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La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a jugé inutile dimanche d'aggraver les sanctions pénales contre les agresseurs de personnes âgées, comme l'a proposé le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville
PARIS (Reuters) - La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie ne juge pas utile de modifier le Code pénal pour aggraver les sanctions contre les agresseurs de personnes âgées, comme l'a proposé le ministre de l'Intérieur.
Devant l'émotion suscitée par le meurtre d'un couple de retraités modestes à Pont-Saint-Maxence (Oise), Brice Hortefeux a annoncé samedi soir un ensemble de mesures, prônant notamment le renforcement de la loi.
"Qu'il y ait une protection particulière pour les personnes fragile, c'est quelque chose qui paraît normal", a fait valoir Michèle Alliot-Marie sur Europe 1 dimanche.
"Je crois que les mesures que veut prendre Brice Hortefeux destinées aux personnes fragilisées par leur isolement (...) peuvent être positives", a expliqué la ministre de la Justice.
"Mais en ce qui concerne la loi, je constate une chose qui doit nous amener à réfléchir. Aujourd'hui, il y a 40% des incriminations qui existent en matière pénale qui ne sont jamais utilisées par le juge", lequel s'appuie sur des textes généraux, a-t-elle souligné.
Dans la même veine, l'ancien ministre socialiste de l'Intérieur, Daniel Vaillant, a demandé au gouvernement de "réfléchir avant de légiférer" sur cette question.
"On ne peut pas faire une loi concernant l'évolution du code pénal par rapport à tel ou tel crime, même si ce crime est odieux", a-t-il déclaré dimanche sur RTL. "Il faudrait éviter que le débat politique ne l'emporte quand il y a des drames de ce genre", a-t-il souligné.
"Les lois qui se succèdent ne règlent pas les problèmes manifestement, il faut réfléchir avant de légiférer et légiférer à bon escient", a-t-il dit.
"RÉACTIVITÉ" CONTRE "IMMOBILISME"
A chaque problème, "on nous annonce une loi supplémentaire. Est-ce que ça arrange en quoi que ce soit la situation des Français? Non", a déclaré le porte-parole du PS, Benoît Hamon. "Sur l'insécurité comme sur le chômage, le gouvernement est démissionnaire", a-t-il déploré.
L'UMP a en revanche multiplié les communiqués dimanche pour approuver l'initiative du ministre de l'Intérieur.
"A force de réfléchir avant de légiférer comme le suggère Daniel Vaillant, on reste immobile", a estimé Frédéric Lefebvre, porte-parole adjoint du parti majoritaire.
"Il faut au contraire se montrer réactif comme le fait si bien Brice Hortefeux pour adapter notre législation aux nouvelles formes de délinquance", a-t-il ajouté.
"Le Mouvement populaire se réjouit de la pertinence des mesures concrètes annoncées qui associent vigilance et proximité accrues et sanctions plus fermes", a renchéri l'autre porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé.
Outre l'aggravation des sanctions pénales, Brice Hortefeux a annoncé que les commissariats et gendarmeries seraient désormais informés du lieu de résidence d'un délinquant ayant agressé une personne âgée.
Brice Hortefeux compte aussi mettre en place une "opération tranquillité seniors" pour les retraités isolés ou inquiets.
La secrétaire d'Etat aux Aînés, Nora Berra a salué ces propositions.
"J'ai fait du bien-être de nos aînés une de mes priorités d'action et les questions liées à la sécurité sont d'une importance capitale pour y parvenir", dit-elle dans un communiqué.
Laure Bretton