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Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, déclare qu'il n'y a eu aucune instruction présidentielle transmise au procureur du procès Clearstream pour faire appel de la relaxe de Dominique de Villepin. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes
PARIS (Reuters) - Le gouvernement et les proches de Nicolas Sarkozy démentent toute pression élyséenne dans la décision du procureur de la République de faire appel de la relaxe de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream.
La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a assuré sur Europe 1 qu'il n'y avait eu "ni instruction ni incitation de quelque nature que ce soit" sur Jean-Claude Marin.
"Le président de la République n'est évidemment pas intervenu", a renchéri le ministre du Travail, Xavier Darcos, lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
Le procureur "n'a pas demandé d'avis à l'Elysée, et à ma connaissance non plus au ministère de la Justice, et il n'a reçu aucune instruction", a déclaré de son côté le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant sur BFM TV.
L'ancien Premier ministre, qui comparaissait pour complicité de dénonciation calomnieuse dans l'affaire des faux listings Clearstream, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris jeudi matin.
Jean-Claude Marin a annoncé qu'il faisait appel de cette décision vendredi, ouvrant la voie à un nouveau procès, vraisemblablement dans le courant de 2011, un an avant la prochaine élection présidentielle.
Dominique de Villepin, qui se dit victime de "l'acharnement" de Nicolas Sarkozy, affirme que la décision de faire appel a été prise lors d'une réunion à l'Elysée jeudi après-midi -- une "allégation mensongère" selon l'entourage du chef de l'Etat.
Une seule réunion a été consacrée à Clearstream jeudi à l'Elysée, pour mettre au point le communiqué de Nicolas Sarkozy sur l'affaire, en fin de matinée, a dit Claude Guéant, et "il n'a pas du tout été fait allusion à la situation du parquet".
Le secrétaire général de l'Elysée a appelé à "dépassionner cette affaire" que certains ont transformée en "une espèce d'empoignade entre deux personnalités politiques, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin".
LA MAIN DE SARKOZY RESTE "TENDUE"
L'inimitié Villepin-Sarkozy, dont les proches s'attaquent par médias interposés, inquiète la majorité, à quelques semaines d'élections régionales délicates et dans la perspective de la présidentielle.
Dénonçant le goût de certains pour la "théorie du complot", Michèle Alliot-Marie a appelé l'ancien Premier ministre à faire passer "l'intérêt général" de la majorité devant les considérations "politiciennes".
Dominique de Villepin, qui se pose en "alternative" à Nicolas Sarkozy à droite, "est un homme politique qui doit exprimer ses idées" mais "j'espère que ses idées ne se limitent pas à des attaques contre le président de la République", a déclaré l'ancienne présidente du RPR sur Europe 1.
Claude Guéant a expliqué que plusieurs "rôles au sein de la majorité" avaient été proposés à Dominique de Villepin, qui les avaient tous déclinés.
"La main du président est toujours tendue" en direction de l'ancien chef du gouvernement, a-t-il assuré.
Le député UMP de l'Aube François Baroin, proche de Dominique de Villepin, a dit espérer un geste d'apaisement et de rassemblement de Nicolas Sarkozy. "Il est inenvisageable que cette situation perdure", a-t-il dit sur Canal+.
"Il faut que le président tourne la page sans attendre (le procès en appel)", a-t-il exhorté.
"Qu'ils se voient, qu'ils se parlent. C'est au président de la République de faire ce geste de rassemblement. On ne peut pas arriver in fine six mois avant la présidentielle avec un sujet de cette importance qui ne soit pas purgé", a-t-il estimé, appelant la majorité à "faire revenir dans le jeu" Dominique de Villepin.
Sur Radio J, le maire UMP de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a dénoncé la "mauvaise manière" faite par Dominique de Villepin à l'UMP tout en lui prédisant un échec face à Nicolas Sarkozy.
"Toutes les divisions à droite de tous temps ont toujours été rejetées. A droite, tous ceux qui ont voulu se présenter contre le leader naturel ont été punis par l'électorat", a rappelé ce proche du chef de l'Etat.
Laure Bretton, édité par Eric Faye