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François Fillon a condamné mardi à l'Assemblée nationale les écarts de langage de l'ex-socialiste Georges Frêche, soulignant qu'"il y a des mots que l'on ne veut plus entendre dans notre République". /Photo prise le 30 janvier 2010/REUTERS/Gonzalo Fuentes
PARIS (Reuters) - François Fillon a condamné mardi à l'Assemblée nationale les écarts de langage de l'ex-socialiste Georges Frêche, soulignant qu'"il y a des mots que l'on ne veut plus entendre dans notre République".
Le Premier ministre répondait à une question du chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, qui s'était indigné des propos du président sortant du conseil régional de Languedoc-Roussillon à l'endroit de Laurent Fabius.
Coutumier de dérapages, Georges Frêche a évoqué la "tronche pas catholique" de l'ancien Premier ministre socialiste, d'origine juive.
"Il y a des mots qui blessent, il y a des mots qui trahissent la vulgarité de la pensée. Il y a des mots qui ne font pas partie du vocabulaire des républicains et des démocrates", a dit François Fillon, déclenchant les protestations de l'opposition.
Georges Frêche, a-t-il poursuivi sans le nommer, "n'en est pas à son coup d'essai, il ne peut guère évoquer un mauvais procès, il aurait dû être sanctionné depuis longtemps".
"Le racisme est une menace permanente pour notre pacte républicain et les dérapages des responsables politiques, quels qu'ils soient, que ces dérapages soient des dérapages conscients ou que ce soit des maladresses doivent être combattus et ne peuvent pas être tolérés", a poursuivi le Premier ministre.
"Ces dérapages font céder les digues que les républicains, générations après générations, ont construites pour lutter contre le racisme et contre l'antisémitisme", a-t-il insisté.
"Chacun doit balayer devant sa porte, chacun doit prendre ses responsabilités", a encore dit le chef du gouvernement, précisant ne vouloir donner de leçon à personne.
"Dans cette affaire, ce qui est en cause, ce n'est pas un parti politique, il s'agit en fait de dire à nos concitoyens que dans notre République il y a des choses que l'on ne peut pas se permettre et lorsqu'on s'écarte du droit chemin, alors on doit en supporter les conséquences", a conclu le Premier ministre.
Les élus de l'opposition ont alors scandé "Hortefeux! Hortefeux!" en référence au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, mis en cause en septembre dernier pour des propos jugés racistes lors de l'université d'été de l'UMP à Seignosse (Landes).
Brice Hortefeux, qui accompagnait Nicolas Sarkozy en Corse, était absent de l'hémicycle.
Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser