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"L'affaire" Georges Frêche a provoqué un vif affrontement entre le gouvernement et l'opposition socialiste à l'Assemblée, où François Fillon a condamné solennellement les "dérapages" du président sortant du conseil régional de Languedoc-Roussillon. /Photo
PARIS (Reuters) - "L'affaire" Georges Frêche a provoqué un vif affrontement entre le gouvernement et l'opposition socialiste à l'Assemblée, où François Fillon a condamné solennellement les "dérapages" du président sortant du conseil régional de Languedoc-Roussillon.
Alors que la campagne pour les élections régionales de mars gagne en intensité, les élus du PS ont accusé le Premier ministre et sa majorité de pratiquer le mélange des genres au mépris des institutions.
Ils ont en outre rappelé à leur mémoire les écarts de langage commis dans leur camp, de Brice Hortefeux au maire de Franconville (Val-d'Oise) Francis Delattre, dont une récente plaisanterie jugée raciste embarrasse l'UMP.
C'est une question de Jean-François Copé à François Fillon, au nom du groupe UMP qu'il préside, qui a mis le feu aux poudres lors de la séance des questions au gouvernement.
Evoquant les "propos injurieux à caractère antisémite" de Georges Frêche, le député-maire de Meaux a demandé indirectement au Parti socialiste de mettre fin aux "ambiguïtés" vis-à-vis du dirigeant de Languedoc-Roussillon, exclu du PS en janvier 2007 pour des dérapages verbaux à répétition.
Le dernier en date, qui conduit Martine Aubry à lui opposer une liste concurrente dans son fief, vise l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius. Georges Frêche a évoqué sa "tronche pas catholique", alors qu'il est d'origine juive.
"Il y a des mots qui blessent, il y a des mots qui trahissent la vulgarité de la pensée. Il y a des mots qui ne font pas partie du vocabulaire des républicains et des démocrates", a lancé François Fillon.
"Chacun doit balayer devant sa porte, chacun doit prendre ses responsabilités", a dit le chef du gouvernement, précisant ne vouloir donner de leçon à personne alors que l'opposition protestait bruyamment.
"Dans cette affaire, ce qui est en cause, ce n'est pas un parti politique, il s'agit en fait de dire à nos concitoyens que dans notre République il y a des choses que l'on ne peut pas se permettre", a conclu le Premier ministre.
DE FRÊCHE À CLEARSTREAM
Les élus de l'opposition ont alors scandé "Hortefeux!" en référence au ministre de l'Intérieur, critiqué pour des propos jugés racistes lors de l'université d'été de l'UMP à Seignosse (Landes) en septembre dernier. Brice Hortefeux, qui accompagnait Nicolas Sarkozy en Corse, était absent de l'hémicycle.
Prenant la parole dans une atmosphère houleuse, le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a d'abord mis en cause le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, pour sa conduite des débats.
Majorité et opposition s'étaient déjà opposées mercredi dernier lors d'une précédente séance. Xavier Bertrand, par ailleurs secrétaire général de l'UMP, avait dénoncé le "scandale" des campagnes de communication des régions socialistes contre la réforme des collectivités locales.
"La séance des questions au gouvernement s'est transformée en séance de questions au Parti socialiste. Si vous voulez changer le règlement, faites-le mais assumez-le", a dit mardi Jean-Marc Ayrault à Bernard Accoyer. "La parole est par définition libre et elle le restera", a répondu ce dernier.
Le chef de file des députés socialistes s'en est pris ensuite à Jean-François Copé et François Fillon.
"Vous voulez détourner la réalité politique, c'est un petit calcul qui n'a pas beaucoup d'efficacité", a-t-il dit alors que les régionales de mars s'annoncent défavorables à la majorité.
Avant d'ajouter: "M. le Premier ministre, vous avez donné une leçon de République, vous qui vous prétendez un héritier de Philippe Séguin, croyez-vous que la République n'est pas en train de dériver avec le procès Clearstream instrumentalisé par le président de la République lui-même qui confond la haine et le combat politique?"
Le Premier ministre s'est défendu d'une intervention biaisée, précisant avoir répondu à une question "qui concerne la société française". "Je ne comprends pas que cela puisse vous choquer."
"Quant aux allégations mensongères que vous venez de porter sur le président de la République, je vous en laisse l'entière responsabilité, elles sont totalement contraires à ce que la justice a prononcé", a-t-il ajouté.
La joute n'en est pas restée là puisqu'un député socialiste, Didier Mathus, a épinglé Jean-François Copé, surpris sur une vidéo en train de "s'esclaffer aux blagues racistes du ministre de l'Intérieur".
Sophie Louet avec Service France, édité par Gilles Trequesser