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Les familles de deux jeunes tués en novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) après un choc avec une voiture de police ont déposé plainte contre les policiers pour faux témoignage, indiquent leurs avocats. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard
PARIS (Reuters) - Les familles de deux jeunes gens tués en novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) après un choc avec une voiture de police ont déposé plainte contre les policiers pour faux témoignage, annoncent leurs avocats.
Le décès des adolescents, qui circulaient sans casque sur une mini-moto, avait provoqué trois jours de violences urbaines, ce qui avait relancé la controverse sur les banlieues deux ans après les émeutes de 2005.
"Les déclarations des fonctionnaires de police (...) contiennent des affirmations manifestement contraires à la vérité", écrivent les avocats Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman dans un communiqué.
"Ces déclarations des policiers ne peuvent avoir été faites que dans l'objectif de faire obstacle à l'enquête", ajoutent-ils.
Dans un entretien avec France Info, qui a rendu publique l'existence de la plainte, le procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, a annoncé qu'elle ouvrirait une enquête préliminaire et instruirait elle-même cette plainte.
Les avocats disent s'appuyer sur des rapports d'expertise remis à l'instruction qui, selon eux, contredisent la version fournie par les policiers sur leur vitesse et l'objet de leur présence à Villiers la nuit de l'accident.
Les policiers, qui ont bénéficié d'un non-lieu du juge d'instruction en octobre, contestent formellement avoir menti.
Selon Araf Sehouli, le père d'un des adolescents, "cela se voyait dès le début qu'il s'agissait d'un faux témoignage concernant la vitesse".
"J'attends toujours de trouver la vérité sur ce qu'il s'est passé. Et eux ils essayent toujours de cacher la vérité", a-t-il dit sur RTL.
La cour d'appel de Versailles examinera le 17 février l'appel déposé par les familles des adolescents contre le non-lieu.
Le juge a conclu que les deux jeunes gens qui circulaient sur la mini-moto étaient responsables de la collision qui leur a été fatale.
Les violences qui ont suivi ont fait l'objet de deux procédures. Dans la première, dix auteurs de violences contre des policiers ont été condamnés en juillet dernier à des peines de prison ferme. Dans la seconde, cinq auteurs présumés de coups de feu en direction de policiers ont été renvoyés en cour d'assises.
Jean-Baptiste Vey, édité par Guy Kerivel