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Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, à son arrivée à l'Elysée où il s'est entretenu pendant près d'une heure avec Nicolas Sarkozy. Les Etats-Unis et la France jugent le moment venu d'adopter des "sanctions fortes" contre l'Iran pour convain
PARIS (Reuters) - Les Etats-Unis et la France jugent le moment venu d'adopter des "sanctions fortes" contre l'Iran pour convaincre les dirigeants iraniens de renoncer à leur programme d'enrichissement d'uranium.
Ce dossier a constitué un des principaux points au menu d'un entretien de près d'une heure entre le président Nicolas Sarkozy et le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, en visite en France.
"Ils sont convenus que le temps était à l'adoption de sanctions fortes, dans l'espoir d'une reprise du dialogue", dès lors que les dirigeants iraniens n'ont pas saisi la main tendue par les Occidentaux, a précisé l'Elysée.
Pour la France et les Etats-Unis, la communauté internationale n'a pas d'autre choix que de travailler à de nouvelles sanctions contre l'Iran, avaient déclaré auparavant Robert Gates et le ministre français de la Défense, Hervé Morin.
La semaine dernière, le président Mahmoud Ahmadinejad a dit que l'Iran était finalement disposé à envoyer son uranium enrichi à 3,5% à l'étranger pour qu'il soit transformé en combustible enrichi à 20% pour un réacteur médical de Téhéran.
Mais le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a répété samedi, après avoir rencontré Yukiya Amano, le nouveau directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qu'il devait revenir à l'Iran de choisir les quantités traitées.
Paris et Washington ont mal accueilli lundi la position iranienne sur ce point-clé des négociations entre Téhéran et ses six interlocuteurs - les membres du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne - sur le dossier du nucléaire.
"Nous constatons qu'il sera nécessaire, malheureusement, d'engager un dialogue international qui mènera à de nouvelles sanctions si l'Iran ne cesse pas ces programmes", a déclaré Hervé Morin, après une rencontre avec Robert Gates.
"Nous avons la certitude, la conviction que ces programmes sont des programmes à fins militaires. C'est extrêmement clair pour les uns comme pour les autres", a-t-il ajouté.
CONVERGENCE DE VUES
Robert Gates a confirmé la convergence de vues franco-américaine sur ce dossier.
"Nous devons encore essayer de trouver un moyen pacifique de résoudre ce problème. La seule voie qui se présente à nous est celle de la pression, mais cela suppose que la communauté internationale travaille de concert", a dit le secrétaire américain à la Défense.
"Nous sommes convenus que l'action de la communauté internationale est, semble-t-il, maintenant la prochaine étape", a-t-il ajouté.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé pour sa part que les dernières propositions iraniennes sur le nucléaire s'apparentaient à du "chantage".
"C'est très négatif", a-t-il estimé après une rencontre séparée avec Robert Gates. "Nous ne pouvons pas appliquer autre chose, hélas, que des sanctions puisque la négociation n'est pas possible", a-t-il ajouté en reconnaissant ne pas avoir encore convaincu les Chinois.
La Chine a estimé la semaine dernière qu'évoquer maintenant des sanctions contre l'Iran compliquerait les choses.
La communauté internationale soupçonne l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique mais est prête à aider Téhéran à développer sa filière nucléaire civile.
Adam Enthous, Crispian Balmer, Elizabeth Pineau, Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse