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François Fillon a tenté de recadrer autour du "pacte républicain" le débat controversé sur l'identité nationale et décidé de poursuivre la réflexion sur une question qui, selon lui, "n'est plus taboue". Le chef du gouvernement a également apporté son sout
par Gérard Bon et Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) - François Fillon a tenté de recadrer autour du "pacte républicain" le débat controversé sur l'identité nationale et décidé de poursuivre la réflexion sur une question qui, selon lui, "n'est plus taboue".
Le Premier ministre, qui concluait un séminaire rassemblant une trentaine de ministres et présenté comme une "première étape", a annoncé une dizaine de mesures symboliques visant à renforcer l'intégration et l'expression de la citoyenneté.
Se défendant de préparer un "enterrement de première classe", selon l'expression du Parti socialiste, il a annoncé qu'il ferait l'objet d'un second séminaire du même type et d'une intervention du président Nicolas Sarkozy en avril.
"La question de l'identité nationale a vocation à être débattue dans la durée de façon naturelle, sereine et non partisane parce que rien n'est pire que le silence", a souligné François Fillon lors d'une conférence de presse.
Il a même assuré ne rien regretter : "Si c'était à refaire, nous referions les choses de la même manière".
Le chef du gouvernement a apporté son soutien au ministre de l'Immigration, Eric Besson, qui a mené selon lui le débat "avec beaucoup de courage et beaucoup de générosité", en dépit d'un flot ininterrompu de critiques.
A la sortie de la réunion, ce dernier a parlé d'un "rebond" du débat, qui suscite l'embarras jusqu'au sein de la majorité.
François Fillon s'est dit "dans son rôle" en prenant en main cette question sensible, qui a donné lieu à de multiples dérapages jusque dans le vocabulaire de certains ministres.
"Rien n'est pire et rien n'est plus délétère que les non-dits et les anathèmes dont nous savons qu'ils ont toujours fait le jeu des extrémistes", a insisté François Fillon.
"Au-delà des joutes partisanes, la question de l'identité de la France n'est plus taboue", a-t-il ajouté, entouré d'Eric Besson et de Luc Chatel, porte-parole du gouvernement.
"À L'ÉVIDENCE, LE PAYS A DES CHOSES À DIRE"
Pour l'opposition, le débat lancé fin octobre par le ministre de l'Immigration est une manoeuvre électoraliste en vue des élections régionales de mars et une entreprise de stigmatisation de la communauté musulmane.
"Si, aujourd'hui, le gouvernement recule, c'est parce qu'il sait qu'il s'est trompé", a déclaré le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, lors d'un point de presse.
Cécile Duflot, chef de file des Verts, a estimé sur Radio Classique qu'il fallait "arrêter le débat" sur l'identité nationale et, surtout, "supprimer le ministère" du même nom.
Le débat a fait l'objet de 340 réunions, 750.000 visites et 58.000 contributions sur le site internet.
François Fillon a rétorqué aux détracteurs de cette initiative qu'"à l'évidence, le pays a des choses à dire sur la France et sur lui-même".
"Tous ont dit leur amour de la France, leur déception parfois, tous ont demandé une France à la hauteur de ses promesses et de ses valeurs", a-t-il commenté.
Il a dit comprendre que certains Français "se sentent blessés en permanence par le sentiment qu'ils ont de ne pas être traités comme des Français".
"Ce n'est pas le débat qui créé cette situation, c'est la réalité de la situation dans notre pays qui nécessite que le gouvernement prenne des mesures pour lutter contre des discriminations", a-t-il estimé.
Parmi les mesures annoncées par François Fillon figure la naissance d'une commission réunissant historiens, sociologues et élus pour travailler sur l'identité nationale.
A destination des jeunes, le Premier ministre prévoit la création d'un carnet du jeune citoyen qui suivra chaque enfant de la primaire au lycée, à partir de la rentrée 2010.
Dans le but de renforcer la "fierté d'être Français", le drapeau tricolore sera dressé dans chaque école le 14 juillet et la Déclaration des droits de l'homme affichée dans chaque classe.
Le contrat d'accueil et d'intégration de 2007, qui comporte déjà une formation civique centrée sur les principes et valeurs de la République et une formation linguistique, sera renforcé.
Enfin, les cérémonies marquant l'accès à la nationalité française seront généralisées et solennisées par la signature d'une charte des droits et des devoirs.
Edité par Yves Clarisse