© Reuters
Des professeurs et élèves du lycée Adolphe-Chérioux à Vitry-sur-Seine devant le ministère de l'Education nationale. Luc Chatel, campe sur ses positions pour améliorer la sécurité au lycée où les cours sont suspendus depuis près d'une semaine après l'agres
PARIS (Reuters) - Les enseignants du lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ont décidé de reconduire la suspension des cours pour la journée de mercredi, près d'une semaine après le début de leur mouvement.
Les cours sont suspendus dans ce lycée professionnel depuis l'agression, mercredi dernier, d'un élève à l'arme blanche par une bande de jeunes venus de l'extérieur.
Après une entrevue qu'ils jugent infructueuse avec le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, les enseignants ont annoncé leur intention de manifester mercredi à 11h00 devant l'Assemblée nationale.
Ces décisions ont été prises lors d'une assemblée générale de près de deux heures au lycée, a-t-on appris auprès de plusieurs participants.
Les enseignants entendent désormais attirer l'attention des députés sur la dégradation des conditions de sécurité dans les établissements scolaires de banlieue.
Jeudi, plusieurs syndicats appellent à faire grève et à manifester à l'échelle de l'académie de Créteil contre les réformes envisagées par le ministre de l'Education et pour réclamer plus de moyens.
Estimant que les choses étaient "en train de s'apaiser", Luc Chatel a instamment demandé mardi aux enseignants de "retourner dans leurs classes".
"La sécurité c'est l'affaire de tous et la place des enseignants est d'abord auprès des élèves", a déclaré le ministre lors de la séance des questions au gouvernement, à l'Assemblée.
Luc Chatel a prévenu que le "droit de retrait", qui permet à des enseignants de ne pas faire cours s'ils s'estiment en "situation de danger immédiat", ne jouait plus à ses yeux depuis lundi. Les professeurs sont donc considérés comme des grévistes.
"DU SOLIDE, PAS DU PRÉCAIRE"
La mobilisation des enseignants du lycée Adolphe-Chérioux, situé dans une Zone d'éducation prioritaire (ZEP), se déroule sur fond de campagne pour les élections régionales, où la sécurité est un thème de débat.
Refusant toute récupération politique et syndicale, les professeurs évoquent une "logique citoyenne". Aucun calicot, aucune bannière n'était visible dans la petite manifestation qui s'est tenue mardi devant le ministère.
Luc Chatel, qui a finalement reçu en personne la délégation de professeurs, a campé sur ses positions.
Il a renouvelé son offre de nommer trois assistants d'éducation, la nouvelle appellation des surveillants, et de six "médiateurs de réussite scolaire" mais il a ajouté qu'un audit serait lancé pour "améliorer la vie scolaire".
"Ce lycée, c'est évident, souffre d'un désengagement patent de l'État", a déclaré la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, dans un communiqué.
Les propositions de Luc Chatel sont très éloignées des revendications des enseignants, qui réclament 385 heures d'encadrement supplémentaires, soit le doublement, de 11 à 22, du nombre d'assistants d'éducation et refusent la nomination de "médiateurs de réussite scolaire".
"Ce sont des CDD de 20h par semaine payés à la fronde sans formation", explique Farid Boukhaelifa, professeur d'économie. "On ne veut pas du précaire mais des emplois solides, des gens impliqués dans le projet éducatif" de l'établissement.
Le ministre de l'Education assure que, grâce aux mesures qu'il propose, l'encadrement passera de 19 à 28 adultes.
Cela revient à inclure le proviseur et les conseillers d'éducation, dont ce n'est pas la mission, dénoncent les professeurs.
Laure Bretton et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse