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Nicolas Sarkozy dans un bar de Souday, dans le Loir-et-Cher. Le chef de l'Etat a annoncé une série de mesures pour renforcer l'attractivité des zones rurales, en favorisant notamment leur accès au numérique ou en luttant contre la désertification médicale
par Yann Le Guernigou
MOREE, Loir-et-Cher (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures pour renforcer l'attractivité des zones rurales, en favorisant notamment leur accès au numérique ou en luttant contre la désertification médicale.
Le chef de l'Etat, dont l'intervention s'inscrivait dans la droite ligne des récentes assises des territoires ruraux, a également plaidé pour leur désenclavement routier et réclamé des solutions pérennes pour assurer la viabilité économique des lignes ferroviaires régionales.
"Il n'y a pas de France vivante sans des campagnes vivantes. C'est une particularité française, c'est notre âme et notre identité", a-t-il dit dans le bourg de Morée (Loir-et-Cher).
Les assises organisées fin 2009 et début 2010 ont fait apparaître, selon lui, que l'infrastructure la plus vitale réclamée par les acteurs locaux était l'accès internet à très haut débit.
Deux milliards d'euros sont prévus dans le grand emprunt pour financer le lancement de son déploiement, dont la moitié pour les territoires les moins denses, avec pour objectif un accès pour 100% des foyers français à l'horizon 2025.
"Il faut que nous ayons atteint au moins 70% dès 2020", a déclaré Nicolas Sarkozy, en soulignant que ces objectifs nécessitaient aussi de trouver une solution pérenne au financement du Fonds d'aménagement numérique du territoire créé par la loi de décembre dernier sur la fracture numérique.
Il a indiqué que le gouvernement s'apprêtait à mandater le sénateur centriste Hervé Maurey pour travailler sur le sujet, évoquant, parmi les solutions possibles, une contribution des liaisons classiques d'aujourd'hui - le cuivre - à travers les tarifs régulés, pour financer la fibre optique.
Pour répondre à une autre préoccupation exprimée par les assises, l'accès à une santé de proximité, le chef de l'Etat a prôné une "réflexion approfondie" qui débouche sur une "solution de fond", tout en annonçant des mesures immédiates pour faire face à l'urgence de la situation.
OBJECTIF 4.000 MÉDECINS
Il a indiqué ainsi que 400 bourses universitaires seraient réservées à la rentrée prochaine à des étudiants en médecine s'engageant à exercer pendant au moins 10 ans dans les territoires à faible densité médicale.
Le dispositif serait reconduit chaque année pour disposer à terme de 4.000 médecins dans ces zones. Nicolas Sarkozy a demandé en outre au gouvernement d'engager avec les collectivités un plan triennal de création de maisons de santé pluridisciplinaires, l'Etat et l'assurance maladie s'engageant à en financer 250 sur trois ans.
L'objectif de ces mesures est d'enrayer une tendance lourde, une étude des services du ministère de la Santé publiée l'an passé ayant estimé que le nombre de médecins exerçant en zone rurale devrait diminuer de 25% à l'horizon 2030 si rien n'est fait.
Sur les transports, Nicolas Sarkozy a demandé à son secrétaire d'Etat Dominique Bussereau de travailler avec la SNCF et les conseils régionaux "pour dégager d'ici le mois de juin une solution pérenne pour assurer l'équilibre économique" des liaisons par trains Corail en même temps que le renouvellement du matériel roulant.
"Tout doit être discuté, le périmètre, la productivité et la qualité de service de ces liaisons", a-t-il dit.
Il a enfin abordé la question des entreprises dans le monde rural en demandant à Oseo, la banque publique de financement des PME, de leur consacrer une enveloppe spécifique de 100 millions d'euros.
Le chef de l'Etat a estimé en outre que la Banque postale, très présente dans ces zones, disposait des ressources nécessaires pour aider les entrepreneurs locaux et devait donc être en mesure de leur proposer des crédits, ce qu'elle ne pouvait pas faire jusqu'à présent.
Edité par Yves Clarisse