SOMMAIRE
tout le sommaire
PARIS (Reuters) - Un enfant de 18 mois enlevé mardi au domicile de sa mère, près de Paris, a été retrouvé sain et sauf dans la nuit et son père a été arrêté, a-t-on appris de source policière.
La mère du petit garçon avait été retrouvée morte mardi dans son appartement de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). La disparition de l'enfant avait fait l'objet d'une "alerte enlèvement" nationale.
Le père a été interpellé avec un complice à Châtillon (Hauts-de-Seine), mardi vers minuit, a-t-on précisé de même source.
Le procureur de Créteil a précisé que le père de l'enfant, Mahamadou Doucoure, 28 ans, était en garde à vue à double titre, pour l'enlèvement et le meurtre de sa concubine.
Selon Jean-Jacques Bosc, le petit garçon, Ibrahima, "va physiquement très bien".
"Il a été confié à un service d'aide sociale à l'enfance, il ne lui a pas été fait de mal", a-t-il déclaré sur i>Télé.
Sur Europe 1, le grand-père d'Ibrahima a dit son soulagement.
"En fin de soirée, je n'arrivais plus à pleurer. J'ai tellement pleuré dans la journée que je n'avais plus de larmes à pleurer (...). Surtout, je pensais au petit, parce qu'il est habitué à être avec sa mère, et je ne sais pas comment ça va faire après", a-t-il raconté mercredi.
Les policiers avaient été appelés au domicile de la mère mardi en fin de journée par des voisins qui avaient cru à un cambriolage.
LE PÈRE DÉJÀ CONDAMNÉ POUR VIOLENCES
Pour le procureur de Créteil, "c'est clairement grâce au plan alerte enlèvement" que l'enfant a été retrouvé.
Une connaissance du père a appelé la police après avoir été contactée par le suspect, a-t-il précisé.
Le père était connu des services de police pour des faits de violence. Il a notamment été condamné par le passé à une peine de prison avec sursis pour "violences intrafamiliales". Sa dernière condamnation, pour des menaces, remontait à début février, a dit le procureur de Créteil sur i>Télé.
Mis en place en février 2006 en France, le plan "alerte enlèvement", dont c'est la neuvième utilisation, s'inspire de dispositifs existant aux Etats-Unis et au Canada.
Depuis quatre ans, il a permis de retrouver plusieurs enfants, notamment des nourrissons enlevés à la maternité par des déséquilibrés, comme le petit Django en décembre 2008 à Orthez mais aussi des bambins victimes de criminels comme Enis, 5 ans, enlevé et violé par un pédophile à Roubaix en août 2007.
Pour mettre en place ce plan, l'enlèvement doit être avéré et concerner un mineur.
Il faut que la vie de la victime ou son intégrité physique soient jugées en danger, que la justice ait des informations contribuant à localiser les ravisseurs et que les parents de la victime aient donné leur accord.
Le message d'alerte est diffusé dans les médias qui ont souscrit au dispositif, et sur les panneaux autoroutiers. Il contient une description de l'enfant, éventuellement sa photo, la date et le lieu de l'enlèvement, et des informations sur le ou les suspects.
Le ministère de la Justice s'est félicité du succès de ce dispositif, que "les Français ont adopté", constate son porte-parole Guillaume Didier. S'il marche, c'est parce que les critères d'utilisation sont très sélectifs. "Si on les change, il peut y avoir des dérives et on le rendra inefficace", estime-t-il.
Nicolas Bertin et Thierry Lévêque, édité par Sophie Louet