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par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste dénonce la "campagne de caniveau" de l'UMP après les attaques contre l'un de ses candidats aux régionales en Ile-de-France, accusé par la majorité d'être un "délinquant multirécidiviste".
En ciblant Ali Soumaré, tête de liste dans le Val d'Oise, né de parents originaires du Mali, après avoir alimenté le débat sur l'identité nationale, la droite stigmatise les habitants des quartiers difficiles dont elle fait une "classe dangereuse", a contre-attaqué le porte-parole du PS, Benoît Hamon.
"Le climat qu'est en train d'installer la droite est un climat insupportable, fait d'attaques, d'allégations qui mettent en doute l'honneur des individus et qui jettent l'opprobre sur l'ensemble des territoires sur lesquels vivent ces individus", a-t-il déploré.
Au PS, on dénonce également l'accès de l'UMP à certains documents judiciaires qui ne devraient être connus que "par le greffier, le juge et le procureur".
"Il semble qu'il y ait un robinet, de la police ou de la justice, qui alimente directement l'UMP", a accusé Benoît Hamon.
Par la voix de son avocat, Ali Soumaré a nié trois des cinq affaires portées sur la place publique par l'UMP en fin de semaine dernière et relatées ce week-end sur des tracts électoraux de la majorité présidentielle dans le département.
Une plainte pour diffamation doit être déposée dans la semaine, a annoncé lundi Me Jean-Pierre Mignard pour qui "l'intention de nuire est patente en période électorale", trois semaines avant le premier tour des régionales, le 14 mars.
Il a précisé que plusieurs des faits reprochés à son client ne figuraient pas dans son casier judiciaire.
Il a été condamné pour vol avec violences en 2002 pour des faits remontant à 1999 et a fait appel d'une condamnation datant d'octobre dernier pour des faits de rébellion à agents de la force publique.
JOUANNO "N'AIME PAS" LA CAMPAGNE
Fin janvier, Ali Soumaré, qui fut porte-parole des familles de Villiers-le-Bel lors des violences urbaines de 2007, s'était déjà retrouvé au coeur d'une polémique déclenchée par l'UMP.
Le maire de Franconville, Francis Delattre l'avait alors comparé à un "joueur de l'équipe réserve du PSG", provoquant l'ire du premier secrétaire du PS, Martine Aubry, mais également des remontrances dans son propre camp.
Franck Riester, directeur de la campagne de l'UMP en Ile-de-France, s'était prononcé pour son exclusion.
Francis Delattre est revenu à la charge vendredi en diffusant, avec un autre maire du Val d'Oise, un communiqué pour dénoncer la "candidature outrageante pour la démocratie" d'Ali Soumaré en raison, disent-ils, d'un lourd passé judiciaire.
Les accusations ont été reprises lundi par le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, qui a expliqué sur RTL qu'il suffisait "d'aller sur internet ou au greffe du tribunal" pour se procurer des documents prouvant les dires de l'UMP.
L'affaire Soumaré est venue polluer un peu plus une campagne francilienne ponctuée d'invectives et d'attaques des deux côtés, sur fond de sondages pessimistes pour la majorité.
Les attaques contre Ali Soumaré, à qui Martine Aubry avait réservé son premier déplacement de campagne début février, ont provoqué une grosse colère du président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon.
Pour lui, l'UMP va chercher des voix à l'extrême droite.
"Je ne participerai pas à une campagne de caniveau car je sais trop bien à qui cela profite: populisme, racisme, démagogie", a-t-il dit lors d'un débat sur France 3.
La dernière polémique en date suscite cependant l'embarras de la tête de liste en Ile-de-France, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, et de la tête de liste UMP à Paris, Chantal Jouanno.
"Cette campagne, je ne l'aime pas beaucoup, depuis le début", a déclaré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie dimanche sur Radio J.