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L'inflation en France se redresse à 1,3% en février

PARIS - L'inflation s'est tendue en février en France, essentiellement sous l'effet de facteurs saisonniers qui n'empêchent pas quelques...

REUTERS |  RMC.fr  |  16/03/2010
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Les prix à la consommation
© Reuters LES PRIX À LA CONSOMMATION
PARIS (Reuters) - L'inflation s'est tendue en février en France, essentiellement sous l'effet de facteurs saisonniers qui n'empêchent pas quelques inquiétudes de poindre sur la consommation des ménages.
Les prix à la consommation ont augmenté de 0,6% par rapport à janvier, leur plus forte hausse depuis mars 2008, pour un taux d'inflation de 1,3% qui, lui, est le plus élevé depuis novembre 2008, selon les données publiées mardi par l'Insee.
L'indice des prix IPCH, qui permet une comparaison au niveau européen, a progressé de 0,6% également sur le mois, deux fois plus que prévu, pour une hausse de 1,4% sur un an - à comparer à un taux d'inflation de 0,9% dans l'ensemble de la zone euro.
"La hausse des prix au mois de février provient de l'augmentation des prix des produits manufacturés, liée notamment à la fin des soldes d'hiver, et de celle des prix des autres services au moment des vacances de février", explique l'Insee dans son communiqué.
Dans la plupart des départements, les soldes d'hiver ont pris fin le 10 février, et les détaillants ont logiquement augmenté leurs prix ensuite. L'Insee ajoute qu'un décalage dans la période de collecte des prix a pu également jouer.
Les prix de l'habillement-chaussures ont ainsi augmenté de 5,8% par rapport à janvier, à comparer à une hausse de 1,3% en février 2009. Sortie des soldes et Saint-Valentin expliquent aussi la hausse de 3,5% des prix de l'horlogerie, bijouterie, joaillerie, ou celle de 2,5% des fleurs et plantes. En revanche, les prix des automobiles neuves ont encore baissé de 0,5% (+0,8% sur un an) sous le coup de promotions.
"L'effet de sortie des soldes est particulièrement fort cette année alors que généralement le rattrapage s'opère plutôt en mars", observe Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management.
Les biens manufacturés ont ainsi contribué à hauteur de 0,36 point à la variation mensuelle des prix alors que la moyenne des cinq dernières années était de 0,1 point, calcule-t-il.
"Un mouvement un peu similaire avait été observé en 2004 et s'était régulé dès le mois de mars. 2010 sera sans doute dans une dynamique similaire", ajoute Philippe Waechter pour qui "il n'y a pas d'accélération de l'inflation".
MAUVAIS SIGNAL POUR LA CONSOMMATION
Dans les services, l'augmentation des prix liée aux vacances scolaires (+32,4% pour les hébergements de vacances et +7,1% pour les voyages touristiques) et le renchérissement des tarifs d'assurances (+2,5% dans l'automobile) sont des phénomènes tout aussi temporaires, note Marc Touati, chez Global Equities.
"Une correction baissière devrait s'observer dès le mois de mars", estime-t-il en ne voyant pas non plus de risque de recrudescence inflationniste.
"Il ne faut pas se tromper d'ennemi : le danger principal ne réside pas dans un pseudo-risque de dérapage inflationniste mais dans une faiblesse durable de la croissance et de l'emploi", assure-t-il.
Même légère, la remontée de l'inflation est néanmoins un mauvais signal pour la consommation puisqu'elle retire du pouvoir d'achat aux ménages.
"L'an dernier, l'inflation nulle ou presque avait donné des marges de manoeuvre aux consommateurs et permis à la consommation de résister", rappelle Alexander Law, économiste chez Xerfi. "Cette année la donne est tout autre et nous estimons même que le pouvoir d'achat pourrait reculer en moyenne annuelle".
Les prix de l'énergie et de l'alimentation, qui avaient poussé les prix à la hausse en janvier, sont restés quasi stables en février (+0,0% et +0,1% respectivement).
Mais sur un an les prix de l'énergie affichent une hausse de 5,4%, et l'augmentation atteint même 11,3% pour les produits pétroliers - de quoi alimenter la perception que se font les ménages de l'inflation, selon Alexander Law.
L'inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des tarifs administrés et des éléments volatils comme l'énergie, est quant à elle ressortie à 0,5% sur le mois et 1,9% sur un an.
"Elle devrait toutefois conserver une tendance baissière dans les mois à venir, compte tenu du maintien depuis plusieurs trimestres de fortes surcapacités de production et de la faiblesse de la demande interne attendue cette année", tempère Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.
Véronique Tison, édité par Sophie Louet

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