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La question des colonies au coeur du sommet de Charm El-Cheikh

par Marwa Awad CHARM EL-CHEIKH, Egypte (Reuters) - Douze jours après la reprise officielle des négociations israélo-palestiniennes, Benjamin...

REUTERS |  RMC.fr  |  14/09/2010
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La question des colonies pèse sur les négociations israélo-palestiniennes
© Reuters Pelleteuses dans une colonie juive près de Jérusalem. Douze jours après la reprise officielle des négociations israélo-palestiniennes, Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas se retrouvent ce mardi en Egypte, mais le processus pourrait dérailler si les deux p
par Marwa Awad
CHARM EL-CHEIKH, Egypte (Reuters) - Douze jours après la reprise officielle des négociations israélo-palestiniennes, Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas se retrouvent ce mardi en Egypte, où les médiateurs américains auront fort à faire pour éviter un échec prématuré du processus.
En route vers Charm el-Cheikh, la secrétaire américaine d'Etat, Hillary Clinton, a appelé les deux parties à surmonter leurs divergences sur les constructions neuves dans les implantations juives de Cisjordanie.
Le moratoire en vigueur depuis un peu de moins de dix mois arrive à expiration à la fin septembre, et les déclarations d'un côté comme de l'autre ne présagent pas d'un compromis.
Netanyahu, tout en laissant entrevoir une possible limitation des futures mises en chantier, a fait savoir qu'il ne prolongerait pas ce "gel" des constructions. "Choisir de poursuivre les colonies sous n'importe quelle forme équivaut à détruire les négociations", a répliqué Saeb Erekat, le principal négociateur palestinien.
Après vingt mois sans dialogue direct, Israéliens et Palestiniens ont réamorcé le 2 septembre à Washington des négociations de paix, sous l'égide des Etats-Unis, et ont formulé l'espoir de pouvoir conclure dans un délai d'un an.
Mais, entre les mises en garde des Palestiniens et les avertissements que les alliés de Netanyahu, majoritairement favorables aux colons juifs, le processus semble extrêmement fragile.
Selon toute vraisemblance, la question des implantations juives sera au coeur des discussions de mardi, auxquelles participera également le président égyptien Hosni Moubarak.
"L'Egypte, la Palestine et les Arabes rejettent intégralement les colonies. Nous sommes en discussions permanentes avec Israël, mais les Israéliens évitent souvent de nous fournir des réponses claires", a déclaré lundi soir son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit.
OBAMA MISE GROS
Signe du pessimisme ambiant, du moins à court terme, il ne devrait y avoir mardi ni conférence de presse, ni déclaration communes.
Clinton a redit que l'administration Obama demandait une prolongation du moratoire. Mais elle a aussi dit que pour avancer sur cette question, des efforts devraient venir aussi de la partie palestinienne. "Des obligations s'imposent aux deux parties pour faire en sorte que ces négociations continuent", a-t-elle insisté.
Barack Obama, qui a misé une large part de son capital politique dans ces négociations, ne peut se permettre que le processus déraille à un stade si prématuré. Un échec serait aussitôt exploité par les républicains dans l'optique des élections législatives de mi-mandat, le 2 novembre.
Aussi le président américain devrait-il exercer une très forte pression pour qu'Israéliens et Palestiniens continuent au moins de discuter.
Dans ses déclarations à la presse avant Charm el-Cheikh, Netanyahu s'est dit par ailleurs déçu par la position palestinienne sur la demande de reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat du peuple juif, élément central dans sa vision d'un accord de paix global et définitif.
"Je n'entends malheureusement pas encore dans la bouche des Palestiniens la phrase 'deux Etats pour deux peuples'", a-t-il dit.
Les Palestiniens font valoir qu'ils ont déjà reconnu l'Etat israélien dans le cadre de déclarations passées et des accords intérimaires de paix servant de base à la création de leur propre Etat en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Des responsables palestiniens notent cependant qu'une reconnaissance explicite d'Israël en tant qu'Etat juif risque de compromettre le "droit au retour" des réfugiés palestiniens qui ont dû déserter leurs foyers sous la pression des combats israélo-arabes.
Avec Mohammed Assadi à Ramallah et Arshad Mohammed à Washington, Henri-Pierre André pour le service français

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