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Nicolas Sarkozy, en visite à Vandoeuvre près de Nancy, a annoncé une série de mesures destinées à relancer la construction de logements à tous les niveaux et à permettre aux personnes à faibles revenus de devenir propriétaire de leur habitation. /Photo pr
par Gilbert Reilhac
VANDOEUVRE-LES-NANCY, Meurthe-et-Moselle, 11 décembre (Reuters) - Nicolas
Sarkozy a annoncé une série de mesures destinées à relancer la construction de logements
à tous les niveaux et à permettre aux personnes à faibles revenus de devenir propriétaire
de leur habitation.
"Depuis quelques années, nous vivons une nouvelle crise du logement", a-t-il affirmé
devant 600 personnes réunies dans la salle des fêtes de Vandoeuvre-lès-Nancy
(Meurthe-et-Moselle), une commune de l'agglomération nancéienne engagée dans un vaste
programme de rénovation urbaine.
Cette crise touche "tous les ménages modestes relégués dans des périphéries pas
toujours attractives", mais aussi "tous les Français qui ont vu la hausse des prix du
logement ronger peu à peu leur pouvoir d'achat", a assuré le président de la République.
Evoquant les 100.000 personnes sans domicile fixe et les près de deux millions de mal
logés recensés par la Fondation Abbé Pierre, il a annoncé sa volonté de parvenir à un
rythme de construction "d'environ 500.000 logements neufs par an".
"Tous les acteurs de la chaîne du logement sont concernés", a-t-il ajouté en assurant
que l'Etat serait "exemplaire" en vendant des terrains lui appartenant pour décourager la
"spéculation foncière".
Cette vente "cent fois promise et si rarement mise en oeuvre, permettra de construire,
d'ici 2012, 60.000 logements nouveaux", a précisé Nicolas Sarkozy qui a cité les terrains
du ministère de la Défense situés dans différents arrondissements de Paris.
Pour les collectivités qui ne suivraient pas l'exemple, il a menacé d'une intervention de
l'Etat qui pourrait "reprendre la main" par le biais "d'opérations d'intérêt national".
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo sera quant à lui chargé d'une "réécriture
complète, par voie d'ordonnance, du code de l'urbanisme visant à le simplifier" et à libérer
le secteur "du carcan qui l'étreint".
Nicolas Sarkozy s'est également engagé à "moderniser les circuits de financement du
logement social", en ouvrant la distribution du Livret A à l'ensemble des réseaux bancaires
- une demande maintes fois formulée par Bruxelles - et en impliquant les bailleurs privés
par des avantages fiscaux.
PRÊT HYPOTHÉCAIRE
"Je demande à Christine Boutin et à Christine Lagarde d'élaborer un régime unique
d'aide à l'investissement locatif qui soit suffisamment avantageux pour permettre la
location à des personnes à faible revenu", a annoncé Nicolas Sarkozy.
Il a rappelé les mesures relatives aux locataires annoncées il y a dix jours et mises à
l'ordre du jour du conseil des ministres de mercredi : indexation des loyers sur l'indice
des prix à la consommation et plus sur les coûts de la construction, plafonnement du dépôt
de garantie à hauteur d'un mois de loyer, remplacement de la caution par un mécanisme de
garantie mutuelle.
Pour favoriser l'accès à la propriété, Nicolas Sarkozy propose le développement du
prêt hypothécaire.
Il demande au ministre de l'Economie, Christine Lagarde, de travailler avec le secteur
bancaire sur une simplification du système et de le rendre moins coûteux. Il suggère
également un nouveau dispositif qui permettrait de rembourser les murs d'une habitation
avant d'en payer le terrain.
Le président de la République a par ailleurs prôné plus de mobilité à l'intérieur du
logement social.
"Je ne veux plus d'une situation où les plus pauvres n'accèdent pas aux logements
sociaux parce que ceux qui occupent les logements sociaux peuvent y demeurer à vie,
quelle que soit l'évolution de leurs revenus", a-t-il dit.
Christine Boutin, qui accompagnait le président, est chargée de faire entrer en vigueur
"dans les prochains jours" des "suppléments de loyer de solidarité" pour ceux qui peuvent
les payer.
Chaque ménage devrait voir sa situation réexaminée dorénavant tous les trois ans.
Ces mesures doivent permettre d'offrir un toit aux "30% des personnes logées en
centre d'hébergement et de réinsertion sociale" qui s'y trouvent faute de pouvoir accéder
à une HLM.
Nicolas Sarkozy a enfin insisté, dans la foulée du Grenelle de l'environnement, sur la
nécessité de rénover les "30 millions de logements de bâtiments anciens" où "le budget
des familles s'évapore par les fenêtres et par le toit".
"Ces travaux peuvent se financer entièrement par les économies d'énergie", a-t-il
assuré.
Prônant la création de "villes d'un genre nouveau"», écologiques et innovantes en matière
architecturale, il s'est prononcé pour une "densification des centres-villes", quitte à y
construire des tours plutôt que de petits immeubles.
"On va pas dire tout ce qui est petit est bien, tout ce qui est grand est absurde", a-t-il
lâché dans un accès d'humilité salué par les rires de la salle.