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Christine Boutin attaquée sur le logement de son bras droit

PARIS (Reuters) - La ministre du Logement Christine Boutin a été attaquée mercredi par l'opposition socialiste après les révélations sur le logement...

REUTERS |  RMC.fr  |  19/12/2007
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Christine boutin attaquée sur le logement de son bras droit
© Reuters La ministre du Logement Christine Boutin a été attaquée mercredi par l'opposition socialiste après les révélations sur le logement parisien de 190 m2 occupé depuis 1981 dans les beaux quartiers pour un faible loyer par son directeur de cabinet Jean-Paul B
PARIS (Reuters) - La ministre du Logement Christine Boutin a été attaquée mercredi par l'opposition socialiste après les révélations sur le logement parisien de 190 m2 occupé depuis 1981 dans les beaux quartiers pour un faible loyer par son directeur de cabinet Jean-Paul Bolufer.
Interpellée sur le sujet à l'Assemblée nationale par l'opposition socialiste, la ministre, Christine Boutin, s'est contentée de répondre : "Vous me permettrez de régler le problème entre lui et moi."
Dans une interview au Parisien à paraître jeudi, l'intéressé, qui serait menacé d'une expulsion par son bailleur, ne répond pas à une question sur son éventuelle démission.
Il se dit prêt à revoir les conditions de sa location mais nie toute malversation et estime que son cas relève d'un "débat de société".
Le député socialiste Arnaud Montebourg a estimé que Jean-Paul Bolufer devait d'abord déménager et que la question de son éventuelle démission ne serait posée qu'après.
Plusieurs personnalités gouvernementales ont estimé qu'il s'agissait d'un problème privé et ont dire faire confiance à Christine Boutin, tout en lui suggérant d'intervenir.
Toutefois, le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, a déclaré que Jean-Paul Bolufer devait à ses yeux déménager puis démissionner et faire un don à des associations pour compenser son gain indu, car il se doit pour lui d'être "exemplaire".
Principal interlocuteur des associations qui s'occupent du logement des sans-abri, Jean-Paul Bolufer paye selon Le Canard enchaîné un loyer de 6,30 euros le mètre carré (soit 1.197 euros par mois) alors que le tarif du marché se situe entre 20 et 30 euros le mètre carré (3.800 à 5.700 euros).
Il s'est fait attribuer ce logement du Ve arrondissement, près de Port-Royal, en 1981 quand il était directeur adjoint de cabinet du maire de l'époque, Jacques Chirac. Il l'aurait même sous-loué quand il disposait d'un logement de fonction.
BOLUFER VILIPENDAIT LES ABUS
Dans l'entretien avec le Parisien, Jean-Paul Bolufer rejette la faute sur la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), son bailleur, qui selon lui a eu le tort de ne pas revoir son loyer alors que l'immobilier flambait.
Il reconnait même que, appelé à d'autres fonctions, il a sous-loué le logement pendant 17 ans, mais explique qu'il n'y a pas vu de problème, faute d'intervention de la RIVP. Cette dernière dit lui avoir demandé de quitter le logement le 14 décembre, mais il explique ne pas avoir reçu de lettre.
"Je suis prêt à rediscuter des conditions de ma location, peut-être faut-il vérifier les loyers par rapport aux revenus, mais c'est un débat de société qui ne doit pas prendre le forme d'une chasse à l'homme", dit-il. Selon lui, son cas ressemble à "des milliers d'autres" à Paris.
Plusieurs médias ont rediffusé mercredi une interview sur France Culture de novembre dernier, où il s'en prenait aux personnes qui bénéficient indûment, selon lui, de logements HLM et annonçait des mesures à leur encontre.
La secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, a quant à elle dit faire confiance à Christine Boutin" pour régler la question.
Cette question relève d'un conflit entre Jean-Paul Bolufer et son bailleur, la Ville de Paris, avait auparavant déclaré le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez lors du compte rendu du conseil des ministres. "Si jamais il y a des situations individuelles qui sont critiquables, il faut qu'il y soit remédié", a-t-il dit.
Des affaires similaires ont déjà déstabilisé dans le passé des personnalités gouvernementales, comme lorsque le Premier ministre Alain Juppé avait été contraint de déménager d'un logement de la Ville de Paris en 1996, après une injonction du procureur de Paris, ou quand le ministre de l'Economie Hervé Gaymard avait dû démissionner en février 2005.
Il occupait un logement luxueux pour un loyer mensuel de 14.400 euros, aux frais des contribuables.
Thierry Lévêque, Gérard Bon, Elisabeth Pineau

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