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Battu au Sénat, Romano Prodi remet sa démission à Napolitano

par Stephen Brown et Robin Pomeroy ROME (Reuters) - Le président du Conseil italien Romano Prodi, qui a perdu jeudi soir le vote de confiance au...

REUTERS |  RMC.fr  |  24/01/2008
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Romano prodi perd le vote de confiance au sénat italien
© Reuters Le président du Conseil italien Romano Prodi a perdu le vote de confiance au Sénat, par 161 voix contre et 156 en sa faveur, et il va logiquement devoir démissionner de la tête du gouvernement, après 20 mois au pouvoir rendus difficiles par la très courte
par Stephen Brown et Robin Pomeroy
ROME (Reuters) - Le président du Conseil italien Romano Prodi, qui a perdu jeudi soir le vote de confiance au Sénat par 161 voix contre et 156 en sa faveur, a remis au président Giorgio Napolitano la démission de son gouvernement, le 61e de l'après-guerre, resté 20 mois au pouvoir.
Napolitano a chargé Prodi de rester en fonctions dans l'immédiat, afin de gérer les affaires courantes.
"Maintenant, il faut que nous nous rendions aux urnes. Nous allons dire ce que nous avons l'intention de faire pendant les 100 premiers jours de notre gouvernement", a déclaré aussitôt l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, chef de file d'une droite que les sondages donnent en tête devant la gauche en cas de nouvelles élections.
Les sénateurs de droite ont sablé le champagne pour fêter la chute de Prodi, et se sont attirés une remontrance du président du Sénat, Franco Marini, qui leur a lancé: "Jetez cette bouteille, vous n'êtes pas dans un bar ici!" Dans Rome, certains chauffeurs de taxi n'ont pas caché leurs penchants politiques et ont klaxonné pour fêter à leur façon la démission du Professore.
Loin d'être tenu d'organiser tout de suite des législatives, Napolitano pourrait nommer tout d'abord un gouvernement de transition qui aurait pour mission de réformer le système électoral actuel.
Napolitano va entamer vendredi des consultations auprès des chefs de partis, des dirigeants du parlement et d'anciens présidents, pour voir s'il peut rassembler suffisamment de forces politiques au sein d'un gouvernement de transition, que dirigerait une personnalité politique ou un technicien.
En avril 2006, lors des précédentes législatives, la coalition de centre-gauche de Prodi, constituée de neuf partis (allant des communistes aux centristes catholiques), avait obtenu une majorité de seulement deux voix au Sénat.
Cette majorité ténue au Sénat a chancelé pour de bon, jeudi soir, comme on s'y attendait du fait du retrait de la coalition du parti centriste catholique Udeur (trois sièges à la chambre haute), dont le représentant au gouvernement, le ministre de la Justice Clemente Mastella, a récemment démissionné en raison de son implication dans une affaire de corruption.
VAINE PLAIDOIRIE
Après le retrait de l'Udeur de la coalition, Prodi avait sollicité la confiance des deux chambres et avait écarté mercredi le conseil de Napolitano l'invitant à démissionner pour échapper à la censure.
Mercredi, Prodi, qui a 68 ans, avait remporté sans difficulté le vote de confiance à la chambre des députés, avec 326 voix en sa faveur et 275 contre.
"Il va perdre le vote de confiance mais il tombera avec les honneurs d'un soldat qui s'est battu jusqu'au bout", avait dit de Prodi le sénateur Roberto Calderoli, membre de la Ligue du Nord et détracteur parmi les plus acerbes du chef du gouvernement.
Au Sénat, pour compenser la perte des trois sièges de l'Udeur et de celui d'un dissident communiste, Prodi aurait dû rallier les suffrages de sénateurs à vie, qui sont au nombre de sept. Ces derniers sont déjà venus à de multiples reprises à son secours lors des 31 votes de confiance auxquels il a eu recours depuis son arrivée au pouvoir.
Dans la journée de jeudi, celui qu'on surnommé "Il professore" était venu devant le Sénat pour plaider en faveur de la continuité de l'action gouvernementale.
"Le pays a plus que jamais besoin d'être gouverné. L'Italie a besoin de continuité (...) et ne peut se permettre une vacance du pouvoir", avait-il déclaré en prônant la poursuite des réformes économiques entreprises depuis son arrivée aux affaires, il y a un an et demi et la réforme du mode de scrutin pour assurer la stabilité politique.
"L'Italie risque d'être plongée dans un cycle économique négatif auquel nous devrons faire face avec des structures économiques imparfaites", avait-il insisté.
Version française Jean-Philippe Lefief et Eric Faye

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