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Les réductions SNCF liées à la carte familles nombreuses ne disparaîtront pas, ont assuré plusieurs ministres devant la colère des associations qui dénoncent une brèche dans la solidarité nationale. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau
PARIS (Reuters) - Les réductions SNCF liées à la carte familles nombreuses ne disparaîtront pas, ont assuré jeudi plusieurs ministres
devant la colère des associations qui dénoncent une brèche dans la solidarité nationale.
Dans le cadre des mesures d'économies budgétaires présentées la semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu'il ne verserait plus
à la SNCF à partir de 2009 les 70 millions d'euros annuels que coûte la carte, créée en 1921.
"Le gouvernement demande à la SNCF, entreprise publique, de maintenir les réductions à la limite même de les améliorer", a déclaré à
Reuters le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.
"La carte en tant que telle ne va pas disparaître. Celui qui a trois enfants ou plus et une carte en poche, qui lui sert aussi au cinéma et pour
plein d'autres choses, l'aura toujours", a-t-il fait valoir.
La SNCF doit réunir la semaine prochaine son Comité consultatif des consommateurs, qui rassemble une quinzaine d'associations, pour
travailler sur une offre de remplacement.
Un groupe de travail va être constitué qui sera présidé par l'ancienne directrice de l'Union nationale des associations familiales, Monique
Sassier.
Le gouvernement lui demande de trouver "un instrument comparable qui soit socialement juste", selon Dominique Bussereau, sur le
modèle des "offres intelligentes" qu'elle a su créer pour les 12-25 ans ou les seniors - des cartes commerciales payantes alors que la carte
famille nombreuse actuelle ne coûte que 18 euros pour une famille pour trois ans.
"La SNCF est tout à fait capable de maintenir les choses en l'état. Quand on fait un milliard de bénéfices, on peut évidemment trouver 70
millions d'euros", a souligné le secrétaire d'Etat.
La SNCF a réalisé en 2007 un bénéfice record de 1.042 millions d'euros, sur lequel elle a reversé pour la première fois 131 millions en
dividende à l'Etat.
"SOLIDARITÉ NATIONALE"
"En aucun cas les avantages des familles nombreuses ne seront réduits", a affirmé de son côté le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis
Borloo sur RTL. "Il n'y aura pas de modification du statut de familles nombreuses".
"Peu importe" qui finance la carte car "il ne vous a pas échappé que la SNCF était possédée par l'Etat", a-t-il ajouté.
"Quel que soit leur financement, les réductions pour familles nombreuses ne sauraient être remises en cause", a prévenu le président de
l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.
"La politique familiale est un pilier du pacte social, indissociable du principe de la solidarité entre les générations. Un des atouts de la
France est sa natalité. C'est le gage le plus solide de garantie d'avenir pour la solidarité nationale", a-t-il ajouté dans un communiqué.
Environ 2,2 millions de personnes bénéficient des tarifs famille nombreuse de la SNCF auxquelles s'ajoutent les bénéficiaires des billets
dits "de congé annuel" affichant une réduction de 25% - soit 2 millions de personnes.
Les associations familiales et l'opposition se sont élevées contre la suppression du financement gouvernemental de la carte famille
nombreuse.
"Ce n'est pas à la SNCF de supporter les coûts en matière de politique familiale. C'est du ressort de la solidarité nationale", explique jeudi
François Fondard, président de l'Union nationales des associations familiales (Unaf) dans un entretien publié par France Soir. "C'est un
coup dur porté aux familles".
Pour le Parti socialiste, le désengagement de l'Etat aboutira "in fine à une hausse des tarifs qui pénalisera davantage les ménages
modestes, ceux-là mêmes qui ne pourraient pas partir en vacances sans ces aides".
"On passe en matière de transport ferroviaires d'une logique de service public en faveur de l'usager à une logique purement marchande
qui réduit l'usager au client et qui laisse à quai les moins bien lotis", accusent les Verts.