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Lors d'une visite dans un hôpital à Bourges, Nicolas Sarkozy a dit souhaiter doubler le nombre de séjours dans les unités de soins palliatifs pour les faire passer de 100.000 à 200.000 en quatre ans. /Photo prise le 13 juin 2008/REUTERS/Thomas Samson
par Mourad Guichard
BOURGES, Cher (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il souhaitait doubler le nombre de séjours dans les unités de soins palliatifs pour
les faire passer de 100.000 à 200.000 en quatre ans.
"Toutes les questions de douleur et de mort sont une priorité pour moi", a affirmé le président devant des personnels soignants de l'hôpital
de Bourges.
"Pour des patients qui sont condamnés, on investit", a ajouté le chef de l'Etat, en regrettant que "la France possède deux fois moins de lits
que la Grande-Bretagne".
"Au XXIe siècle, la douleur doit être considérée comme un grand sujet", a dit le président. "Le médecin est là pour donner la vie, il doit aussi
pouvoir accompagner dans la mort", a-t-il dit à des bénévoles associatifs.
Nicolas Sarkozy a également participé à une table ronde sur les soins palliatifs avec des personnels soignants, des élus et des
représentants des familles de malades.
"Nous allons, Roselyne Bachelot et moi-même, modifier la formation des médecins dès la rentrée 2008/2009. Nous formerons des
spécialistes et intégrerons au cursus des médecins (cette question des soins palliatifs)", leur a dit le président.
Revenant sur le coût de ce nouveau plan, estimé à 229 millions d'euros, Nicolas Sarkozy a dit que "les occasions d'augmenter les dépenses
de santé (étaient) innombrables : le cancer, Alzheimer, allongement de la vie, affections de longue durée, déficit de la sécurité sociale (...)"
"Mais les occasions de recettes, on m'en donne moins", a-t-il ajouté. "Les cotisations, pas question de les augmenter, car elles pèsent sur le
dos des Français (...) et on renchérit le coût du travail. Alors oui, j'ai voulu les franchises médicales, je ne m'en cache pas. C'est avec cela que
l'on va financer le plan Alzheimer et (celui sur) les soins palliatifs".
ÉQUIPES MOBILES
Un premier type d'action consistera à créer des unités de soins palliatifs dans les établissements de court séjour où sont recensés au moins
600 décès par an et qui n'en disposent pas à ce jour. De même, des lits seront dédiés aux soins palliatifs dans les établissements de santé où
sont comptabilisés plus de 200 par an en court séjour.
Il est aussi prévu de développer les équipes mobiles constituées d'un médecin, d'une infirmière et d'un psychologue, de développer la
formation et la recherche ad hoc afin de promouvoir une "culture des soins palliatifs" et d'améliorer l'accompagnement des proches des
patients en fin de vie.
Le coût de 75 nouvelles équipes mobiles de soins palliatifs est évalué par l'Elysée à 30 millions d'euros sur quatre ans.
De même, le plan prévoit d'expérimenter la présence d'infirmières de nuit formées aux soins palliatifs dans les établissements
d'hébergement pour personnes âgées dépendantes et de développer l'intervention de gardes-malades à domicile.
Le plan prévoit aussi le développement des soins palliatifs pédiatriques (chaque année, 2.000 à 2.500 enfants de moins de 18 ans
pourraient être concernés).
Pour les familles des patients, le gouvernement souhaite en outre expérimenter des "maisons d'accompagnement".
Fin 2007, il y avait en France 4.028 lits de soins palliatifs en établissements de santé et 337 équipes mobiles. En 2006, les dépenses de
soins palliatifs en structures de court séjour publiques et privées ont atteint 553 millions d'euros.
Pour l'AD-PA, association des directeurs d'établissements au service des personnes âgées, le projet présidentiel manque d'ambition.
"Les mesures annoncées restent extrêmement modestes et ne sont assises sur aucun financement nouveau, mais sur quelques
redéploiements à la marge", écrit dans un communiqué l'organisation qui regroupe plus de 1.800 directeurs d'établissements et de services à
domicile.
"Contrairement à ce qui est annoncé, les franchises médicales n'ont dégagé aucun financement nouveau", ajoute-t-on.
A Bourges, Nicolas Sarkozy, a aussi évoqué la question du numerus clausus pour les études de médecine et plaidé pour la mise en place
de mesures incitatives favorisant l'installation de médecins en zone rurale.
"Nous avons, en France, un peu plus de 200.000 médecins", a indiqué le président. "Nous n'en avons jamais eu autant. Mais le problème
n'est pas seulement là, sur le nombre".
"Il faut plus d'installations en milieu rural et de spécialités dont nous avons besoin", a-t-il poursuivi.
En déplacement à Orléans, le 27 mai dernier, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, avait annoncé qu'elle souhaitait voir le numerus
clausus passer de "7.300 aujourd'hui, à 8000 d'ici quatre ans".
Avec Emmanuel Jarry, édité par Pascal Liétout