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La France a dénoncé le régime du président du Zimbabwe Robert Mugabe, qualifié d'"escroc" et d'"assassin" par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, après le retrait du candidat de l'opposition à l'élection présidentielle, Morgan Tsvangirai
JERUSALEM (Reuters) - La France a dénoncé dimanche le régime du président du Zimbabwe Robert Mugabe, qualifié d'"escroc" et
d'"assassin" par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, après le retrait du candidat de l'opposition à l'élection
présidentielle, Morgan Tsvangirai.
Le président Nicolas Sarkozy, en voyage en Israël, a accusé les autorités zimbabwéennes d'avoir "délibérément choisi la voie de la
violence" pour "bâillonner" leur peuple et l'empêcher de s'exprimer librement par les urnes.
Il condamne une "campagne de violences et les très graves exactions perpétrées par le régime du Président Mugabe contre M.
Tsvangirai, les partisans de l'opposition et le peuple zimbabwéen".
Ces violences constituent un "viol flagrant" de la démocratie et des règles édictées par les chartes de l'Union africaine et de la
Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), poursuit le président français.
"La France n'acceptera aucune formule qui ne soit pas strictement conforme au voeu du peuple du Zimbabwe. Celui-ci ne peut
s'exprimer que par les urnes et dans le cadre d'un scrutin libre, juste, ouvert et transparent", ajoute-t-il dans un communiqué. "Celui qui
aura lieu vendredi ne répond plus à cette attente."
Bernard Kouchner, qui accompagne Nicolas Sarkozy en Israël, a été encore plus direct.
Robert Mugabe, "qui se croit désigné par Dieu et que Dieu doit maintenir à son poste, n'est rien qu'un escroc et un assassin et il faut
le dire avec force", a-t-il déclaré à des journalistes.
Morgan Tsvangirai, qui a devancé Robert Mugabe au premier tour de l'élection présidentielle, a jugé "impossible", dimanche,
l'organisation d'un second tour "libre et équitable" et annoncé son retrait.
"Il a jeté l'éponge parce qu'on a assassiné un certain nombre de ses partisans et surtout les militants de son parti", a déclaré Bernard
Kouchner. "Donc il n'est pas question pour la France d'accepter cette fausse élection, qui viendrait avec un seul candidat (...) c'est
vraiment le plus grand déni de démocratie que l'Afrique ait jamais connu."
Dans son communiqué, Nicolas Sarkozy annoncé que la France et l'Union européenne se concerteront avec l'Union africaine et la
SACD pour prendre "toutes les mesures nécessaires à l'encontre des responsables de cette mascarade électorale".
Emmanuel Jarry