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Juan Manuel Santos l’a indiqué mercredi à Bogota. Le ministre colombien de la Défense a finalement annoncé la nouvelle que toute la France n’espérait plus. Après six ans, six ans d’une longue attente et six ans de captivité dans des conditions de vie déplorables, l’otage française Ingrid Betancourt a été libérée par l’armée colombienne ainsi que trois otages américains (Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell) des griffes des Farc. L'Elysée a confirmé très vite la libération d’Ingrid Betancourt sans donner d'autre précision.
Bien évidemment, dans le camp Bétancourt, la joie est immense et cela, il n’y a rien de mieux que le fils de l’intéressée pour l’exprimer. « C'est une immense joie, une joie indescriptible. je n'arrive pas à y croire », affirme Lorenzo Delloye. « J'attends d'avoir ma mère au téléphone. Je n'arrive pas à y croire », a-t-il précisé, affirmant attendre d'être « certain que c'est vrai ». « Je veux lui dire que je l'aime et qu'elle m'a manqué. C'est l'aboutissement de six années de lutte qui ont marché. C'est un combat qui mérite d'être mené jusqu'au bout. Cela montre qu'il ne faut jamais abandonner. Je savais qu'il y avait des négociations en cours mais je ne pensais pas qu'une libération puisse intervenir si vite », a poursuivi le jeune homme, affirmant qu'il pensait se rendre à Bogota très rapidement. Notre correspondant Olivier Ubertalli a tenté de nous apporter quelques informations de l’atmosphère qui enveloppe cette nouvelle. « On ne sait pas encore dans quelles conditions précises elle a été libérée. En tout cas, c’est la surprise totale. On a l’impression que tout s’est accéléré ces dernières heures. Il y avait bien eu un signe précurseur, une mission franco-suisse était partie en Colombie pour établir un contact avec le chef des Farc ».
En réalité, ce n’est pas un geste de ces derniers qui a permis cette libération. « Les otages ont été libérés lors d'une opération militaire au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer les FARC», a tenu à préciser Juan Manuel Santos. C’est donc une opération « de doublage», une opération à hauts risques menée dans la province de Guaviare, dans le sud-est de la Colombie, qui a permis à l’armée de duper la vigilance des forces armées révolutionnaires colombiennes. En revanche, pas de bonnes ni de mauvaises nouvelles concernant l’état de santé de la Française, Olivier Ubertalli n’ayant pas pu confirmer si cette dernière était dans un meilleur état que celui annoncé ces derniers mois. « Il faut rester mesuré. Il faudra attendre l’arrivée de la Française à Bogota pour savoir si cette dernière va bien ».
Bien évidemment, les réactions n’ont pas tardé à fuser. Comme celle de Cécile Duflot, secrétaire national des Verts, parti d'Ingrid Betancourt : « C’est un immense soulagement et un intense bonheur pour tout le monde. Son avenir et notre avenir sont devant elle. C’est une femme libre, une femme debout, avec une légitimité, un courage et une leçon de vie tellement importants, qui va pouvoir apporter énormément ». Ségolène Royal, ancienne candidate à l'élection présidentielle, s'est déclarée très heureuse et a tenu à évoquer « l'allégresse, la joie, le soulagement que doivent ressentir ses enfants qui n'ont jamais perdu espoir et qui ont toujours cru à la libération possible de leur mère même dans les pires moments de doute ».