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© Reuters
En compagnie de Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy a reçu mercredi soir à l'Elysée les enfants et la soeur d'Ingrid Betancourt. Un avion de la République française est parti dans la nuit pour Bogota avec à son bord la famille de l'ex-otage franco-colombien
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a reconnu que la libération d'Ingrid Betancourt des mains des Forces armées révolutionnaires
colombiennes (Farc) était un succès du président colombien Alvaro Uribe et de son armée.
"Ce soir Ingrid Betancourt est libre. Aujourd'hui s'achève donc un calvaire de plus de six années. Ingrid est en bonne santé. Elle est sur une
base militaire colombienne", a déclaré le président français dans une déclaration tardive à l'Elysée.
Jusque-là, les collaborateurs du chef de l'Etat avaient refusé de confirmer ce qui était déjà officiellement annoncé par Bogota : la libération
de l'otage franco-colombienne dont Nicolas Sarkozy avait fait une priorité de sa diplomatie.
Entouré par les enfants de l'ex-candidate à la présidence de Colombie, Mélanie et Lorenzo, par sa soeur Astrid et par le ministre français
des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le chef de l'Etat a remercié Alvaro Uribe et l'armée colombienne.
"Que le président Uribe reçoive la gratitude de l'ensemble du peuple français et qu'il soit assuré de notre reconnaissance et que le peuple
colombien et l'armée colombienne soient également félicités", a-t-il déclaré.
Un peu plus tard, interrogé par des journalistes sur la contribution de la France aux derniers efforts qui ont conduit à la libération d'Ingrid
Betancourt, il a répondu :
"Dans la dernière ligne droite, c'est la Colombie et l'armée colombienne qui ont fait une opération extrêmement brillante, très intelligente. La
preuve."
Au plus fort de ses initiatives diplomatiques pour faire libérer Ingrid Bentancourt, après son élection en mai dernier, Nicolas Sarkozy avait
mis plusieurs fois en garde le président Uribe contre la tentation d'essayer de libérer par la force, au péril de leur vie, les otages détenus par
les Farc.
Nicolas Sarkozy a également remercié le président vénézuélien Hugo Chavez et ses homologues équatorien Rafael Correa et argentin
Cristina Fernandez de Kirchner, ainsi que les diplomates, la Suisse, l'Espagne et "tous ceux qui, en France, se sont mobilisés" et "y ont cru".
Un avion de la République française est parti dans la nuit pour Bogota avec à son bord la famille d'Ingrid Betancourt et Bernard Kouchner.
APPEL AUX FARC
Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy et son épouse Carla se sont longuement entretenus au téléphone avec Ingrid Betancourt après son transfert
dans la capitale colombienne, où se trouvait déjà la mère de l'ex-otage.
L'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne leur a fait part de son désir de rentrer en France "le plus rapidement possible",
vraisemblablement par le même avion, a-t-on précisé de même source.
Nicolas Sarkozy a dit penser aux otages des Farc qui n'ont pas encore été libérés.
"Je voudrais dire aux Farc qu'il faut qu'elles arrêtent ce combat absurde et moyenâgeux", a-t-il déclaré.
"Naturellement, la diplomatie française et la France (sont) prêtes à accueillir tous ceux qui accepteraient de renoncer à la lutte armée et à
prendre des innocents en otages", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy, qui était fin juin en Israël, a conclu en mentionnant un autre détenu dont la France demande la libération : le soldat
franco-israélien Gilad Shalit, détenu depuis deux ans dans la bande de Gaza sous domination du mouvement islamiste palestinien Hamas.
"Nous ne l'oublions pas. La France est toujours prête à se mobiliser quand quelqu'un est injustement retenu", a-t-il dit.
La fille et le fils d'Ingrid Betancourt et sa soeur, visiblement très émus, sont ensuite venus au micro remercier Nicolas Sarkozy et la France
pour les efforts qu'ils ont menés depuis un an pour obtenir la libération de l'ex-otage des Farc.
"Depuis (que le président français) a pris les choses en main, tout s'est enclenché", a déclaré Mélanie, qui a aussi remercié les autorités
colombiennes.
Astrid a pour sa part déclaré qu'elle avait eu du mal à croire à la libération de sa soeur quand elle l'avait apprise par un coup de téléphone
du ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.
Emmanuel Jarry, édité par Pascal Liétout