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DIX PARACHUTISTES FRANÇAIS TUÉS PRÈS DE KABOUL
PARIS-KABOUL (Reuters) - Dix parachutistes français ont été tués lundi et mardi en
Afghanistan, dont neuf lors d'une embuscade tendue par des taliban à une cinquantaine de
kilomètres à l'est de Kaboul, annoncent l'Elysée et l'état-major.
Il s'agit des plus grosses pertes au combat pour l'armée française depuis la guerre d'Algérie,
précisait-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Hervé Morin, et des plus
importantes depuis l'attentat à la bombe contre le cantonnement des forces françaises à
Beyrouth, qui avait fait 58 morts en 1983.
Il s'agit par ailleurs de l'incident le plus meurtrier dans les rangs de troupes étrangères depuis
le début de l'intervention de la coalition internationale en Afghanistan, fin 2001.
Depuis 2002, l'armée française avait perdu jusqu'alors 13 soldats en Afghanistan, où quelque
2.600 soldats français sont déployés dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la
sécurité (Isaf) sous commandement de l'Otan.
Les soldats ont été pris dans une embuscade tendue par des insurgés à une cinquantaine de
kilomètres à l'est de la capitale, Kaboul, alors qu'ils effectuaient une mission de reconnaissance
conjointe avec l'armée afghane.
Neuf des dix militaires tués ont été touchés lors des premières minutes de l'embuscade, vers
13h30 locales, a précisé mardi le chef d'état-major des armées Jean-Louis Georgelin lors d'une
conférence de presse.
Le dixième soldat est mort dans l'accident d'un engin blindé qui s'est renversé mardi vers
05h30 locales alors que les forces de la coalition quittaient les lieux après plusieurs heures de
combats.
Vingt-et-un autres militaires français ont été blessés, a précisé la présidence française.
Les victimes appartiennent au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMA),
basé à Castres (Tarn), au 2e Régiment étranger de parachutistes, basé à Calvi (Haute-Corse) et
au Régiment de marche du Tchad, a confirmé le président Nicolas Sarkozy.
2.600 FRANCAIS EN AFGHANISTAN
Le chef de l'Etat a également fait savoir qu'il se rendrait mardi soir auprès des soldats en
Afghanistan "pour les assurer que la France est à leurs côtés" et a affirmé que sa détermination
était "intacte".
L'Isaf a fait savoir qu'un grand nombre de taliban avaient également péri dans ces combats,
alors que le ministère afghan de la Défense a avancé le nombre de 27 taliban tués ou blessés.
Sur leur site internet, les taliban ont évoqué la mort de 20 soldats américains. Les islamistes
ont pour habitude de parler d'Américain lorsqu'ils mentionnent des troupes étrangères.
Près de 2.600 Français sont déployés en Afghanistan dans le cadre de l'Isaf.
Nicolas Sarkozy avait annoncé en avril, lors du sommet de l'Otan à Bucarest, le renforcement
des effectifs militaires français en Afghanistan, décision vivement critiquée par l'opposition.
Lors de la conférence internationale d'aide à l'Afghanistan, organisée en juin à Paris, le chef
de l'Etat avait affirmé que la France assurerait une présence militaire dans le pays "aussi
longtemps que ce sera nécessaire".
Les taliban ont intensifié les attaques dans les provinces entourant Kaboul au cours des
derniers mois, provenant le plus souvent du sud et l'est du pays où se situent les principales
zones de combat depuis la reprise de l'insurrection en 2005.
Sur les trois derniers mois, les pertes subies en Afghanistan par des armées étrangères ont
été plus nombreuses que sur le théâtre irakien, où le seul contingent américain est
numériquement deux fois plus important que l'ensemble des forces stationnées en Afghanistan.
Mardi, une trentaine d'activistes, dont plusieurs kamikazes ont attaqué la principale base
américaine dans le sud-est afghan. Sept d'entre eux ont été abattus, selon l'Isaf.
Sayed Salahuddin et Sophie Louet, version française Grégory Blachier