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Nicolas Sarkozy, accompagné du minisrtre des Affaires étrangères Bernard Kouchner (à gauche) et du ministre de la Défense Hervé Morin (à droite), a effectué une visite-éclair à Kaboul pour rendre hommage, au nom de Français "tristes" et "bouleversés", aux
par Elizabeth Pineau
KABOUL (Reuters) - Nicolas Sarkozy a effectué mercredi une visite-éclair à Kaboul pour rendre hommage, au nom de Français
"tristes" et "bouleversés", aux dix soldats tués dans une embuscade non loin de la capitale afghane.
Malgré ce drame, le plus grave pour l'armée française depuis l'attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983, le chef de l'Etat a souligné
la nécessité de poursuivre en Afghanistan l'"indispensable travail" dans "le combat contre le terrorisme" et "la barbarie".
"Je suis venu pour partager votre deuil, pour m'associer à la peine indicible qui est la vôtre (...) comme tous les Français qui ont été
bouleversés par le si lourd bilan de l'embuscade", a dit le président sur la place d'armes du camp de Warehouse, le quartier général
des forces françaises à Kaboul, où le drapeau français était en berne.
"Quand il vous arrive quelque chose, je m'en sens responsable", a-t-il souligné face à des centaines de militaires au visage grave
réunis sous un soleil de plomb.
Dix soldats français ont péri lundi lors d'affrontements consécutifs à une embuscade des taliban, qui ont également fait 21 blessés
dans les rangs français, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de la capitale afghane.
Dès son arrivée à Kaboul, Nicolas Sarkozy s'est rendu en hélicoptère à la chapelle ardente du camp, petite église de bois construite
au milieu des préfabriqués. Là, en compagnie de Mgr Patrick Le Gal, évêque aux armées, il s'est recueilli devant les cercueils des dix
soldats défunts, des hommes âgés pour la plupart d'une vingtaine d'années.
Le président est ensuite allé rendre visite aux blessés dans l'hôpital du camp.
Les corps des soldats, ainsi que quelques blessés, devaient être rapatriés mercredi soir dans l'avion transportant également les
journalistes accompagnant Nicolas Sarkozy.
Une cérémonie nationale d'hommage présidée par le chef de l'Etat aura lieu aux Invalides jeudi après le conseil des ministres.
Après la cérémonie religieuse à l'église Saint-Louis des Invalides et une cérémonie militaire, Nicolas Sarkozy s'entretiendra à huis
clos avec les familles des militaires décédés, a précisé l'Elysée.
Au total, 2.600 militaires français sont déployés sur le sol afghan dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité
(FIAS), sous commandement de l'Otan. L'embuscade de lundi porte à 24 le nombre de Français tués dans ce pays depuis 2002.
Face aux critiques de l'opposition sur le bien-fondé de la présence française en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il ne
regrettait pas d'avoir choisi de maintenir la présence tricolore dans ce pays, où il a envoyé 700 hommes en renfort cet été.
"Je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais", a-t-il affirmé.
LE PS VEUT UNE "REFLEXION"
François Hollande a souhaité mercredi la réunion "dans les jours qui viennent" des commissions de la Défense et des Affaires
étrangères du parlement pour engager une "réflexion" sur la mission française en Afghanistan.
Contrairement au Parti communiste, le premier secrétaire du Parti socialiste n'a toutefois pas été jusqu'à demander le retrait des
forces françaises du pays, ni même le retour des renforts envoyés ces dernières semaines.
"Il faut se donner le temps de la réflexion sur ce qui est le sens de notre mission en Afghanistan", a-t-il dit sur France Info.
A Kaboul, où l'ont accompagné le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et celui de la Défense Hervé Morin, Nicolas
Sarkozy a insisté sur l'importance d'"aider les Afghans à lutter contre la barbarie".
"Le travail que vous faites ici, il est indispensable", a-t-il dit aux soldats. "Ici se joue une part de la liberté du monde, ici se mène
le combat contre le terrorisme".
"Vous défendez ici les droits de l'homme et particulièrement les droits de la femme", a-t-il ajouté, dans un pays où la plupart des
femmes portent encore la burqa.
Nicolas Sarkozy s'est ensuite entretenu avec son homologue afghan Hamid Karzaï au palais présidentiel avant de rentrer en France
sans faire d'autre déclaration.
Le président afghan a de son côté invité l'armée afghane et les forces alliées à redoubler d'attention pour faire face à la
recrudescence des violences dans son pays.
"La recrudescence de la violence est à attribuer directement à notre manque d'attention", a-t-il déclaré à la presse.
Selon l'état-major français, les 61 soldats français envoyés en mission de reconnaissance se sont retrouvés confrontés à un groupe
de 80 à 100 rebelles puissamment armés. Selon un officier français, une trentaine d'insurgés, dont un chef taliban, ont été tués durant
ce combat.
Nicolas Sarkozy a demandé de "tirer les conséquences de ce qui s'est passé" lundi. "Il faut réfléchir (...) pour que ça ne se
reproduise pas, en tous cas dans ces conditions-là", a-t-il souligné.
Édité par Pascal Liétout