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La succession de François Hollande à la tête du Parti socialiste peine toujours à se dessiner après une université d'été dominée par les rivalités entre prétendants. /Photo prise le 31 août 2008/REUTERS/Stephane Mahe
par Laure Bretton
LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - La succession de François Hollande à la tête du Parti
socialiste peine toujours à se dessiner après une université d'été dominée par les rivalités entre prétendants.
Même si une alliance s'est esquissée à La Rochelle autour de Martine Aubry en vue du congrès de Reims, les
lignes entre les courants du parti ont peu bougé en trois jours de réunion.
L'université d'été, "c'est soit une salle d'attente, soit une caisse de résonnance", tout se joue avant ou
après mais pas pendant, a expliqué l'ancien ministre de l'Economie Michel Sapin.
Le 23 septembre, les courants doivent déposer leurs motions, les textes d'orientation politique soumis aux
militants qui détermineront la composition de la prochaine direction.
Selon Jean-Christophe Cambadélis, quatre pôles commencent à émerger à une vingtaine de jours de la
prochaine étape formelle sur la route du congrès.
Il y a la "gauche du parti" rassemblée autour de Benoît Hamon, les partisans de Ségolène Royal, ceux de
Bertrand Delanoë et un "pôle du renouveau qui n'a pas encore de chef", a estimé le député parisien, en allusion
au rapprochement opéré samedi entre Martine Aubry, les partisans de Laurent Fabius, une partie des proches
de Dominique Strauss-Kahn et Arnaud Montebourg.
"INGOUVERNABILITÉ"
Rien n'est cependant formalisé.
La motion reste à écrire et Pierre Moscovici, l'autre chef de file des Strauss-kahniens, conteste une
démarche alliant d'anciens adversaires, qui ont par exemple défendu des positions opposées sur l'Europe.
Candidat au poste de premier secrétaire, le député du Doubs entend préserver le PS d'une guerre des
présidentiables qui pourrait voir s'opposer Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, mais également Martine
Aubry.
Tous les prétendants faisaient partie de l'équipe de François Hollande, qui peine à créer un rassemblement
de "ceux qui pensent la même chose" avant de passer la main.
"Apparemment, Bertrand Delanoë est preneur", a-t-il seulement dit à des journalistes en marge des travaux
des militants dans l'ancienne criée aux poissons.
Lors de son dernier discours de clôture de l'université d'été, le premier secrétaire a mis en garde les
"éléphants" contre la menace "d'ingouvernabilité" du parti si les "égos" l'emportaient sur le fond.
"On ne peut prétendre diriger le pays si on ne se gouverne pas nous-mêmes", a-t-il prévenu au terme de
onze années "mouvementées" à la tête du PS.
Depuis 1997, les socialistes ont été cinq ans au pouvoir, six ans dans l'opposition, une période marquée par
des dissensions sur les questions européennes qui ont failli faire imploser le parti en 2005.
"MALADE, DÉBILE"
"J'assume tout : les votes que j'ai provoqués, les synthèses que j'ai réalisées, les combats que j'ai menés en
votre nom", a dit François Hollande avant de conclure son discours d'une heure et demie par les mots "Merci
(...) A demain !".
Pendant trois jours, 4.000 militants étaient réunis pour des ateliers sur la justice sociale, l'avenir de la
social-démocratie ou l'écologie, mais les images fortes sont venues de l'extérieur.
Une bise entre Ségolène Royal et François Hollande, séparés depuis la fin de la présidentielle, les yeux
humides de Bertrand Delanoë devant l'ovation de ses partisans ou la solitude de Pierre Moscovici sur une
terrasse du port alors que ses anciens alliés déjeunent ensemble à l'intérieur.
"Si l'on s'en tient au spectacle de La Rochelle, le PS confirme qu'il est bien malade", a reconnu le député
européen Benoît Hamon.
"Je n'ai jamais vu un congrès aussi débile", a déploré de son côté Vincent Peillon, partisan de Ségolène
Royal qui continue sur sa lancée en solitaire.
Alors que tous les dirigeants ont les yeux rivés sur le 23 septembre, l'ancienne candidate malheureuse à
l'Elysée a d'ores et déjà donné rendez-vous à ses partisans le 27 pour un "meeting de la fraternité" au Zénith
de Paris.
Ses proches estiment qu'elle dispose de la plus forte "dynamique militante" mais prédisent qu'aucun courant
ne sera majoritaire au soir du congrès de Reims.
Ce n'est pas un handicap pour Ségolène Royal, assure un de ses lieutenants. "Lionel Jospin n'a jamais été
majoritaire et François Mitterrand a toujours dû faire des alliances", souligne-t-il.