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La diffusion sur internet d'une vidéo dans laquelle Xavier Darcos s'interroge sur la scolarisation des jeunes enfants a suscité de vives réactions, notamment du syndicat d'instituteurs SNUipp-FSU, mais le ministre de l'Education nationale s'est défendu de
PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, se défend de vouloir remettre en cause l'école maternelle après la
diffusion sur internet d'une vidéo dans laquelle il s'interroge sur la scolarisation des jeunes enfants.
Ses propos ont suscité de vives réactions, en particulier du SNUipp-FSU (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles
et PEGC) l'accusant de mépriser les instituteurs.
"La seule question que nous nous sommes posée, que nous posons, (...) c'est (...) est-ce qu'il faut généraliser la scolarisation des enfants de
deux à trois ans et est-ce qu'il faut des professeurs recrutés à bac+5 pour s'occuper d'enfants qui ont entre deux et trois ans ?", a expliqué
Xavier Darcos à la presse à la sortie du conseil des ministres.
Il a ajouté qu'il n'y avait "d'aucune manière, d'aucune sorte" le "moindre projet de porter atteinte à l'école maternelle telle qu'elle est en
France."
Xavier Darcos a effectué cette mise au point après la diffusion d'une vidéo de son audition, le 3 juillet, devant la commission des Finances
du Sénat.
"Tout le monde sait très bien qu'en France, si nous scolarisons si tôt les tout petits enfants à deux ans, deux ans et demi, ce ne sont pas
pour des raisons scolaires", dit-il dans l'enregistrement. "C'est parce que ça arrange les communes, les maires, (...) ça empêche de fermer
des classes."
"Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous
fassions passer des concours bac+5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de
leur changer les couches ?", s'interroge-t-il.
"Quel mépris pour l'école maternelle et pour ses enseignants dont le rôle en matière d'apprentissage et de réussite scolaire est reconnu par
tous", s'indigne le SNUipp-FSU, qui représente les enseignants du premier degré.
"Cette intervention témoigne d'une totale méconnaissance de la maternelle", ajoute-t-il dans un communiqué.
Le SNUipp affirme que 40.000 enfants n'ont pas pu être scolarisés en maternelle à la rentrée faute d'effectifs suffisants et appelle les
parents à se mobiliser les 7 et 19 octobre où des journées d'action sont prévues dans l'Education nationale.
L'ancien ministre socialiste de l'Education nationale Jack Lang a également écrit une lettre à Xavier Darcos dans laquelle il lui demande de
s'excuser pour "ses propos insultants".
"Outre leur fausseté, ces propos expriment votre profond mépris à l'égard des enseignants", dit Jack Lang, soulignant que l'école maternelle
française "est enviée dans le monde entier".
Gwénaelle Barzic, édité par Gilles Trequesser