SOMMAIRE
tout le sommaire
© Reuters
Les marchés européens abandonnent encore près de 10% vendredi en ouverture, dans le sillage des marchés américains et asiatiques, déstabilisés par le spectre de la récession et les doutes quant à l'efficacité des interventions, pourtant massives, des pouv
PARIS (Reuters) - Les marchés européens chutent lourdement en ouverture, à l'image des places américaines et asiatiques, la crainte d'une récession et le doute quant à l'efficacité des interventions, pourtant massives, des pouvoirs publics entraînant un nouveau mouvement de panique.
A la Bourse de Paris, le CAC 40 abandonne 7,54% à 3.183,21 points vers 10h00 après avoir ouvert en baisse de 6,46% avec deux minutes de retard en raison de l'afflux d'ordres de vente et du grand nombre de valeurs réservées à la baisse.
L'indice phare de la Bourse de Paris est tombé à un plus bas de 3.097,63 points en tout début de séance, perdant plus de 10% et retrouvant ses plus bas niveaux de fin juillet 2003.
Les autres grandes places européennes capitulent également : Londres s'effondre de 6% et Francfort de 8,62%. Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 abandonne 8,56% et l'EuroFirst 300 7,27%, dans des marchés extrêmement volatils.
"Les marchés ne voient pas le fond de la crise. Malgré l'activisme extraordinaire, historique, des pouvoirs publics, on voit bien que l'on n'arrive pas à remettre l'économie en marche", commente Sebastian Paris-Horvitz, responsable de la stratégie d'investissement chez Axa Investment Management.
"Le marché est en train de prévoir le pire, qui serait une récession à la japonaise comme dans les années 1990 ou une grande crise comme celle des années 30", poursuit-il.
Le stratège estime toutefois que ces risques seront évités.
"Mais un avenir de cet ordre est inacceptable et on se trouvera peut-être dans l'obligation de faire passer le système bancaire sous contrôle de l'Etat pour lui permettre de recommencer à jouer son rôle de distributeur de crédit."
"On peut attendre cela de la réunion de Washington, mais ce qui est certain, c'est qu'il faut faire très vite", conclut-il.
Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7, les sept pays les plus industrialisées du monde, se réunissent à Washington ce vendredi.
Selon le Wall Street Journal, les Etats-Unis envisagent de garantir temporairement la totalité des dépôts bancaires et des milliards de dollars d'endettement des établissements bancaires.
La Bourse de Tokyo a chuté ce matin de 9,62%, et la veille, le Dow Jones avait clôturé sur une perte de 7,33%, le S&P de 7,62% et le Nasdaq de 5,47%.
Les marchés japonais seront fermés lundi, ainsi que les marchés obligataires américains, Wall Street restant ouvert.
L'euro s'échange à 1,358 dollar contre 1,3595 la veille, la panique incitant les intervenants à se refugier vers le yen.
Le brut léger américain recule de 3,95 dollars à 82,60 dollars le baril ce matin, à ses plus bas d'un an.
Juliette Rouillon, édité par Jean-Michel Bélot