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A la Bourse de Francfort. Alors que les places boursières à travers le monde sont la proie de la panique et que le système bancaire est exsangue, les puissances économiques mondiales sont mises au défi d'inventer des solutions hors normes pour rétablir la
par Jeremy Gaunt et Dominic Whiting
LONDRES/HONG KONG (Reuters) - Les puissances économique mondiales sont mises au défi ce vendredi d'inventer des solutions hors normes capables de ranimer un système bancaire exsangue et de stopper la panique qui dévaste les places boursières à travers le monde.
Les responsables financiers des sept pays les plus industrialisés (G7) se réunissent à Washington dans la journée. Jusqu'à présent, ni les sauvetages bancaires, ni les injections de liquidités, ni les baisses coordonnées de taux ne sont parvenus à ramener le calme sur les marchés.
Le gouvernement américain envisage de garantir les prêts et dépôts bancaires pour enrayer le gel des prêts interbancaires et les pertes massives sur les marchés boursiers, selon le Wall Street Journal.
Les Bourses européennes ont toutes dévissé à l'ouverture et perdaient quelque 7% en matinée, après une chute de 15% depuis le début de la semaine. La Bourse de Vienne a suspendu toutes les transactions en matinée.
L'indice boursier japonais, le Nikkei, a cédé près de 10%, signant sa plus forte baisse depuis le krach de 1987 pour abandonner quasiment un quart de sa valeur en une semaine. "C'est la panique", a résumé Takashi Ushio, stratégiste à Marusan Securities.
La crise financière mondiale a fait sa première victime japonaise avec la faillite de l'assureur-vie non coté Yamato Life Insurance, qui laisse derrière lui deux milliards d'euros de dettes.
Tous les yeux sont désormais tournés vers la réunion du G7, dans l'espoir que les ministres et les responsables de banques centrales agissent de façon coordonnée.
"Il faut jouer son va-tout, faire absolument tout ce qu'il est possible de faire pour résoudre le problème et avec une telle force que le choc qui en résultera mettra fin à la panique", estime Charles Diebel, stratégiste chez Nomura dans une note.
INJECTION DE CAPITAL
La crise déclenchée par l'effondrement du marché immobilier américain a mis à genoux les prêteurs, de Wall Street à l'Islande. Une grande partie du monde industrialisé est au bord de la récession.
Les autorités américaines ont approuvé la semaine dernière un plan de sauvetage bancaire de 700 milliards de dollars. Mercredi les banques centrales à travers le monde ont procédé à une baisse concertée des taux d'intérêt.
Mais les marchés du crédit restent paralysés. Les banques tentent de protéger leurs liquidités et font exploser les taux interbancaires. Le taux à trois mois des prêts en dollars a ainsi atteint son plus haut niveau de l'année.
Le Trésor américain a prévu d'injecter des fonds dans les banques américaines dès octobre, selon une source au fait des intentions du secrétaire au Trésor Henry Paulson.
Cette nationalisation partielle donnerait un rôle accru au gouvernement en tant que prêteur et investisseur de dernier ressort.
Le gouvernement américain comptait jusqu'à présent racheter les actifs "toxiques" des banques mais nombre d'analystes estiment qu'un apport en capital serait plus efficace pour mettre fin à la paralysie des marchés du crédit.
Dans cet esprit, le premier ministre britannique Gordon Brown a appelé les autres pays à suivre l'exemple britannique en apportant des fonds aux banques en difficultés pour inciter les établissements bancaires à recommencer à se prêter les uns aux autres.
LE FMI ENTRE DANS LA DANSE
"C'est un problème mondial qui appelle une solution mondiale", écrit-il dans une tribune publiée par le quotidien The Times.
Onze anciennes Républiques soviétiques ont décidé d'unir leurs forces face à la crise
Jeudi soir, le Fonds monétaire international s'est dit disposé à prêter aux pays affectés par la pénurie mondiale de crédit. Pour ce faire, il a réactivé un mécanisme de financement d'urgence mis en place dans les années 1990 pendant la crise asiatique.
En Asie, le ministre des Finances sud-coréen Kang Man-soo s'apprête à plaider sa cause auprès des banquiers américains afin d'obtenir des lignes de crédit étendues pour sauver les banques de son pays.
Singapour a assoupli sa politique monétaire, confronté à sa première récession depuis six ans. En Indonésie, le marché boursier a gardé portes closes pour la troisième journée de suite. L'Inde a injecté de nouveaux fonds dans le système bancaire.
Les marchés actions prennent la crise de plein fouet. Aux Etats-Unis, la Bourse a reculé de plus de 7% jeudi, ce qui porte à 2.300 milliards de dollars les pertes accusées depuis le début de la semaine et à 8.300 milliards les pertes sur un an, selon l'indice Dow Jones Wilshire 500.
Jeremy Gaunt, version française Nathalie Meistermann