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François Fillon assure que la "prime transport" sera mise en place, au lendemain de son rejet par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. "La crise ne demande pas moins de solidarité mais au contraire plus de solidarité. (...) C'est
par Sophie Louet
PARIS (Reuters) - François Fillon a mis le holà aux dissonances de la majorité sur la prime transport en assurant que ce dispositif serait mis en oeuvre malgré l'hostilité d'une partie des députés UMP.
Le Premier ministre a réagi sans tarder après l'adoption mardi soir par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale d'un amendement supprimant l'article 18 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 qui généralise la "prime transport".
"La crise ne demande pas moins de solidarité mais au contraire plus de solidarité. (...) C'est pour ça que nous voulons que l'aide au transport soit mise en place", a-t-il dit lors d'un discours à Matignon devant les parlementaires UMP.
"Le gouvernement est tout à fait décidé à faire respecter cet engagement, qui est un engagement que nous avons pris devant les partenaires sociaux et qui est par ailleurs parfaitement conforme au Grenelle de l'environnement puisqu'il s'agit d'encourager nos concitoyens à aller vers les transports collectifs", a-t-il souligné.
François Fillon est revenu à la charge lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée, affirmant sa volonté de corriger "une injustice" entre les salariés d'Ile-de-France, qui bénéficient d'une prise en charge partielle de leur abonnement aux transports publics, et les habitants des autres régions.
"Personne ne peut être contre cette proposition. (...) le gouvernement espère que la majorité comme l'opposition votera le texte comme nous l'avons proposé", a-t-il dit.
VOTE LA SEMAINE PROCHAINE
Pierre Méhaignerie (UMP), président de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée et l'un des auteurs de l'amendement de suppression, a défendu sa position.
"Est-il possible dans ce pays de discuter de problèmes importants sans être caricaturé ?", a-t-il demandé mercredi lors d'une conférence de presse en réponse au Premier ministre.
Pour lui la "prime transport" pose "trois problèmes" : sa "cohérence", la multiplication de primes qui "accroissent le salaire indirect au détriment du salaire direct", le fait que "de nombreuses primes ne paient aucune cotisation au régime social".
La mesure, alternative au "chèque transport" lancé en 2005 par Dominique de Villepin et jamais appliqué, a été promise le 12 juin par le chef du gouvernement pour aider les salariés à faire face au renchérissement du prix du carburant.
Depuis, les cours du brut ont baissé, et les inspirateurs de l'amendement, Pierre Méhaignerie et Yves Bur, rapporteur UMP du projet de budget de la Sécurité sociale, estiment que le dispositif ne se justifie plus.
L'amendement sera soumis au vote des députés la semaine prochaine en séance publique.
Son adoption a été dénoncée mercredi comme "une provocation" par les syndicats et l'opposition de gauche, qui accusent la majorité de faire le jeu du patronat, hostile à une la mesure.
La prime transport prévoit que les employeurs versent à leurs salariés une aide forfaitaire annuelle de 200 euros, facultative et exonérée de charges, ou optent pour la prise en charge à 50% des abonnements de transport collectif.
LE PATRONAT SATISFAIT
Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, proche de Nicolas Sarkozy, avait désapprouvé mercredi matin sur i-télé l'initiative de la commission des Affaires sociales, relevant que "le prix du pétrole, même s'il baisse pour l'instant, structurellement on sait parfaitement qu'il remontera".
Le Parti socialiste a dénoncé les arguments "fallacieux et irrecevables" de la commission.
"D'une part, le recul du prix du pétrole, peu répercuté à la pompe, ne peut constituer un argument. D'autre part, prétendre que cette prime engendrerait une stagnation des salaires constitue un véritable mensonge", dit-il dans un communiqué.
Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, avait rappelé François Fillon à ses engagements, dénonçant "un véritable mépris" pour les salariés, à l'unisson de la CFDT.
"Les députés et sénateurs, dans leur ensemble, ont prérogatives et moyens de rectifier la faute en renversant la décision de la Commission dans le débat parlementaire", souligne pour sa part la CGT dans un communiqué.
Le Medef, qui n'a eu de cesse de fustiger dans la prime transport "une aberration", a salué la "décision économiquement responsable" de la commission des Affaires sociales.
Edité par Yves Clarisse