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Ségolène Royal a décidé d'être elle-même candidate au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, apprend-on dans l'entourage de l'ancienne candidate présidentielle. /Photo prise le 2 septembre 2008/REUTERS/Robert Pratta
par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - Dix-huit mois après son échec face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal apparaît plus déterminée que jamais à prendre la tête du Parti socialiste, même si elle n'obtient pas de majorité absolue lors du congrès de Reims.
Selon plusieurs dirigeants socialistes interrogés mardi par Reuters, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 a décidé de se présenter elle-même au poste de premier secrétaire lors de cette réunion à haute intensité dramatique qui s'ouvre vendredi.
"C'est plié, elle sera candidate", a déclaré l'un d'eux.
"Tant qu'elle ne s'est pas exprimée, rien n'est tranché", temporise-t-on dans le premier cercle de Ségolène Royal, qui avait mis sa candidature au "Frigidaire" en septembre.
Tous les signaux envoyés par la présidente de la région Poitou-Charentes et ses proches depuis lundi confirment cependant l'option d'une candidature sur son nom. Dans leur sémantique, elle est passée de "légitime" à "incontournable".
Jeudi dernier, après une campagne interne où elle a nettement gauchisé son discours à la faveur de la crise financière et organisé des meetings décalés décriés par ses rivaux, Ségolène Royal est revenue au centre du jeu.
COME-BACK WOMAN
A la surprise générale, son programme politique a été choisi par environ 30% des militants, devant ceux de Bertrand Delanoë, pourtant favori des sondages, et Martine Aubry, ex-aequo avec environ 25% des suffrages. Benoît Hamon, candidat de toute la gauche du PS, a engrangé environ 20% des suffrages.
Charge à elle depuis, en vertu de la tradition socialiste, de construire une majorité solide avec les autres courants, ce qui semble très incertain à trois jours de la réunion de Reims, tant le parti est fragmenté et sa personnalité contestée.
Elle a rédigé pour cela un "document de travail" qu'elle leur a transmis dans lequel elle dresse une liste de grands principes généraux -- qu'elle leur demande d'enrichir -- et met beaucoup d'eau dans son vin sur la question des alliances, dont ses adversaires ont fait un casus belli.
Alors qu'elle avait tendu la main aux centristes entre les deux tours de la présidentielle de 2007 pour tenter de battre Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal se garde bien cette fois d'évoquer le MoDem de François Bayrou.
Elle fait du rassemblement de la gauche un préalable pour gagner la présidentielle de 2012 et se contente d'évoquer une ouverture, par la suite, vers "les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite".
Ségolène Royal érige également le "respect du vote des militants" en règle cardinale du futur PS. En 2006, elle avait été choisie par 60% des adhérents comme candidate présidentielle, avant d'imputer sa défaite six mois plus tard aux cadres du PS, accusés de ne pas l'avoir assez soutenue.
ROYAL MISE SUR LES MILITANTS
Pour l'instant, aucun des autres courants, qui totalisent 70% des suffrages et rejettent a priori les alliances au centre, n'a réagi officiellement à ce texte.
Martine Aubry doit réunir ses proches mercredi à Paris et Bertrand Delanoë a rencontré Ségolène Royal lundi soir, mais rien n'a filtré de l'entourage du maire de Paris.
Après le vote des militants jeudi dernier, le renouvellement de la ligne et de la direction du PS se joue en deux étapes.
Sur la base du nouveau rapport de forces, les courants rechercheront une éventuelle "synthèse" lors du congrès mais, une semaine plus tard, le nouveau premier secrétaire sera élu au suffrage universel des militants.
Ségolène Royal, qui ne détient qu'une majorité très relative, semble assumer le risque d'une cohabitation et mise sur un score élevé auprès des adhérents le 20 novembre.
"Les militants sont fatigués, ils veulent que les socialistes se mettent en marche pour répondre à notre mission: s'opposer et proposer", a-t-elle fait valoir mardi.
Pour ménager les egos au sein de son équipe, elle devrait finalement se présenter à la tête d'un "ticket" avec deux adjoints, François Rebsamen et Vincent Peillon, ce qui ne s'est jamais fait depuis la création du PS actuel en 1971.
Edité par Yves Clarisse