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A deux jours du congrès de Reims, Ségolène Royal entretient le suspense sur sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, alors que les différents courants se sont engagés dans une véritable guerre des nerfs. /Photo prise le 5 novembr
PARIS (Reuters) - A deux jours du congrès de Reims, où les socialistes français doivent se choisir un nouveau dirigeant à partir de vendredi, les différents courants se sont engagés dans une véritable guerre des nerfs.
Les adversaires de Ségolène Royal ont rejeté a priori les propositions de l'ancienne rivale de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007 sans lancer pour l'instant de contre-attaque, ce qui rend plus incertaine que jamais l'issue du congrès, dans la grande tradition du PS.
Après avoir promis des annonces sur la "gouvernance" du PS pour mercredi, elle entretient désormais le suspense sur sa candidature au poste de premier secrétaire du parti, qui la mettrait sur orbite pour mener le parti à l'élection de 2012.
Selon son entourage, dont plusieurs membres affirmaient pourtant mardi qu'elle serait bien candidate à la succession de son ex-compagnon, François Hollande, elle "se consacre exclusivement à trouver une ligne politique majoritaire".
Avec un capital d'environ 30% des militants qui la place en tête des quatre courants, la présidente de la région Poitou-Charentes est à la recherche d'une majorité solide.
Mais cette hypothèse est de moins en moins probable, tant le parti est fragmenté et sa personnalité controversée.
"Tout le monde se toise, espérant une annonce de l'autre pour se dévoiler", résume un cadre du parti.
Ségolène Royal a transmis mardi aux autres courants internes un "document de travail ouvert", charge à eux de l'enrichir pour former le socle d'une majorité.
Mais, pour ses rivaux, le compte n'y est pas.
"C'est un texte de façade qui ne lève aucune ambigüité sur les questions économiques et sociales", estime Claude Bartolone, rallié à Martine Aubry, qui a remporté environ 25% des voix.
Pour la maire de Lille, les questions de salaires, de retraites et de fiscalité doivent être des priorités.
"FOURRE-TOUT"
Sur la stratégie d'alliances du PS, "le document ne contient aucune avancée", déplore Razzy Hammadi, proche de Benoît Hamon, candidat de toute l'aile gauche du PS qui a remporté environ 20% des voix et est opposé à toute ouverture vers le centre.
Dans son texte, Ségolène Royal fait du rassemblement de la gauche un préalable indispensable pour remporter la prochaine présidentielle, en 2012, avant une éventuelle ouverture.
Si l'ancienne postulante à l'Elysée se garde bien de citer les centristes de François Bayrou, vers lesquels elle s'était tournée en 2007 dans l'espoir de battre Nicolas Sarkozy, elle évoque, une fois l'union de la gauche réalisée, un rassemblement de "tous ceux qui veulent battre la droite".
Pour Razzy Hammadi, "elle ne renie donc rien et laisse ouverte la possibilité d'un contrat de gouvernement avec le MoDem entre les deux tours" de l'élection présidentielle.
"C'est un texte fourre-tout dont Ségolène Royal fera ce qu'elle voudra", analyse un autre dirigeant du parti. "Elle a prouvé pendant la présidentielle qu'elle était incontrôlable."
Les adversaires de Ségolène Royal sont contraints à un numéro d'équilibristes: pour former un front de refus sans être accusés de vouloir uniquement lui barrer la route, ils doivent trouver une ligne politique commune et discutent entre eux.
Martine Aubry, qui devait rassembler ses troupes dans la journée, et Benoît Hamon se sont rencontrés mercredi à Paris.
Mardi, le jeune député européen s'est longuement entretenu avec Bertrand Delanoë, qui ne s'est exprimé publiquement qu'une fois depuis le vote des militants pour dire qu'il était prêt à "travailler avec tout le monde".
"Si le débat c'est Ségolène ou pas Ségolène, ça ne sert à rien de faire un congrès", se défend Razzy Hammadi.
Laure Bretton, édité par Yves Clarisse