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Ségolène Royal et Martine Aubry, à leur arrivée au siège du PS, à Paris. Après une crise sans précédent dans l'histoire du Parti, la maire de Lille a pris mercredi les rênes d'une formation profondément divisée, alors que sa rivale malheureuse se prépare
par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - Après une crise sans précédent dans l'histoire du Parti socialiste français, Martine Aubry a pris mercredi les rênes d'une formation profondément divisée sous la pression d'une Ségolène Royal qui vise "plus que jamais" la prochaine élection présidentielle.
Signe d'apaisement après les tensions de ces derniers mois, qui ont atteint leur paroxysme ce week-end entre accusations de fraude et de manipulation médiatique, la toute nouvelle "première secrétaire" -- elle insiste sur le terme -- a convié sa rivale au siège du PS pour une première rencontre.
"Nous sommes dans le même parti, il n'y a pas deux clans, il n'y a qu'un seul Parti socialiste", a-t-elle insisté avant l'arrivée de son hôte rue de Solférino, réfutant toute cohabitation interne. "Où avez-vous vu une hache de guerre ?".
Elue d'extrême justesse, la maire de Lille doit doublement composer pour former sa direction, qu'elle présentera le 6 décembre.
Début novembre, les militants ont réparti leurs voix en quatre blocs d'un poids à peu près égal avant de la placer quasiment sur un pied d'égalité avec Ségolène Royal lors du vote pour le poste de premier secrétaire.
La fille de Jacques Delors doit également gérer sa propre chapelle constituée de dirigeants jusqu'alors frères ennemis, les partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn.
Tenants de lignes politiques opposées et brouillés depuis le référendum sur la Constitution européenne de 2005, ils ont tous deux brigué l'investiture présidentielle socialiste à l'automne 2006 avant d'être battus à plate couture par Ségolène Royal.
OBJECTIF 2012
Selon un sondage BVA pour L'Express rendu public mardi, 61% des sympathisants socialistes sont satisfaits de la voir aux manettes du PS mais ils lui préfèrent l'ancienne rivale de Nicolas Sarkozy pour la prochaine présidentielle.
Message reçu cinq sur cinq par la présidente de la région Poitou-Charentes, qui a enregistré un message vidéo destiné à ses partisans dès mardi soir, dans ses bureaux parisiens, à peine le Conseil national terminé.
"J'ai besoin de vous, j'ai besoin de vos idées parce que nous continuons. 2012 c'est bientôt, 2012 c'est demain, 2012 c'est dans trois ans et donc c'est dès maintenant que nous nous y mettons", déclare-t-elle.
"Je vais m'investir à fond puisque je vais avoir du temps, par la force des choses... Mais vous me connaissez, je ne reste jamais les bras ballants", lance-t-elle à l'adresse des membres de son association "Désirs d'avenir". Bataille des images ou clin d'oeil du hasard, elle pose devant une affiche du film "Un tramway nommé désir".
Elle promet de mettre en place de "nouvelles formes de militantisme", des "universités de la connaissance" et d'organiser de nouvelles "fêtes de la fraternité" sur le modèle de celle du Zénith qui avait désarçonné dirigeants socialistes et commentateurs politiques en septembre.
Une sorte de programme de gouvernement parallèle qu'elle appliquera d'abord dans la trentaine de fédérations départementales désormais dirigées par ses proches.
A l'avenir, au sein des instances du PS, quand la direction prendra des décisions allant "dans le sens de ce que nous avons défendu (...) nous la soutiendrons" sinon "nous essaierons de la convaincre", a-t-elle déclaré mardi soir. La "bataille continue", a-t-elle prévenu.