





Sophie : J’ai 42 ans et j’ai du mal à accepter
certains de mes fantasmes. Je souhaiterais consulter parce que j’ai de plus en
plus de questionnements à ce sujet. Je pense que ça devient nécessaire pour
moi, mais je ne sais pas vers qui me tourner. J’ai des fantasmes assez extrêmes,
qui ne me plaisent pas du tout, donc je ne veux pas les réaliser, mais je
n’arrive pas non plus à m’en défaire.
Brigitte Lahaie : Je vais faire un parallèle : dans vos rêves, vous faites des choses que vous ne feriez jamais dans la vie, et vous
n’êtes pas gênée. Les fantasmes, c’est un peu la même chose. Vos fantasmes
traduisent une part de vous qui n’est pas tout à fait vous. Je crois que
c’est ce qu’il faut comprendre. Il ne faut pas renier ses fantasmes, ni les
rejeter.
En même temps, c’est normal d’avoir parfois peur, quand ce sont des
fantasmes dans lesquels on ne se reconnaît pas du tout. Si vous avez des
fantasmes très violents, ou très différents de ce que vous croyez être, c’est
peut-être parce que vous vous êtes donné un rôle un peu trop éloigné de votre
vraie nature. Il faut donc trouver le juste milieu. Vos fantasmes sont là pour ça. Vous n’avez pas l’impression que vos fantasmes vous aident parce que vous
voulez rester dans ce rôle que vous vous êtes attribué, qui vous rassure. Et
tout d’un coup il y a quelque chose qui surgit en vous et qui vous fait peur...
Vous avez raison de vouloir consulter et d’essayer de faire le point sur ce que
vous êtes. Il y a plusieurs possibilités : dans un premier temps, vous
pouvez aller parler avec un sexothérapeute, qui décodera avec vous ce que
signifie cette fantasmatique et pourquoi elle vous fait peur. Vous pouvez aussi
entreprendre une analyse avec un psychanalyste – et là vous rentrez dans
l’inconscient – afin de découvrir des pans de votre personnalité.








