





Brigitte Lahaie : Pour les fantasmes ludiques, comme vous les
appelez, les sexologues aiment bien parler de fantaisie. Cela dit, quand vous
parlez de fantasmes de perversion, c’est très subjectif. Je prends le fantasme
du SM, pour certains ce sera ludique, et pour d’autres, c’est déjà de la
perversion. En fait, vous parlez de fantasmes inavouables, comme par exemple un
fantasme pédophile ou de meurtre. Si on fantasme pour une célébrité, en
fonction de la personne à laquelle on pense, ça n’a pas la même signification
quand même.
Quand je parlais des fantasmes qui peuvent révéler des choses sur soi que
l’on ignore, c’est évidemment quand on aborde des fantasmes un peu plus
inavouables, comme vous l’avez dit. Peut-être que parfois c’est intéressant de
comprendre ce que cela veut dire.
Certains vont choquer en fumant ou en
se droguant, d’autres vont choquer avec des pratiques sexuelles un peu
outrancières. Ça révèle quand même des personnalités différentes. Tout est
indicateur pour mieux se connaître. Je crois que le privilège de l’âge, si l’on
a bien vieilli, c’est de se servir de son expérience, de ce que l’on a fait, de
ce que l’on n’a pas osé faire, pour mieux se comprendre. Quand on est bien avec
soi, en général, on vieillit mieux.







