





Nadia : Je ne connaissais pas du tout le phénomène
de l’éjaculation féminine, j’ai fait des recherches sur Internet et je suis tout
de suite tombée sur des images pornographiques. Mon partenaire m’a rassurée sur
ce phénomène que je ne connaissais pas. Mon ami a donc joué un rôle très
important. Par rapport à la question de devenir femme fontaine,
je pense qu’on le devient si on a une complicité avec son partenaire, que l'on est en confiance, que l’on atteint un orgasme avec une personne que l’on
aime et que l’on est libérée. La première fois que j’ai eu une éjaculation, j’ai d’abord été surprise, puis j’ai eu honte, puis peur et c’est mon
partenaire qui m’a rassurée.
Brigitte Lahaie : C’est pénible, dès que l’on essaie
de regarder quelque chose sur Internet en relation avec le sexe, on tombe sur
de la pornographie. Ce que vous dites est important, parce qu’encore une
fois on se rend compte que la méconnaissance de la sexualité peut provoquer
des émotions négatives, comme la peur ou la honte. Tout ça est évidemment réparé
pour vous grâce à votre partenaire, mais il est important d’en parler. Je crois
que la jouissance féminine, la liberté féminine, ça reste encore un peu tabou. On n’a pas non plus envie que la femme jouisse trop...
Christian Jamin : Je crois que dans la tête des hommes, c’est assez
ambigu : il y a à la fois le côté heureux d’être capable de donner du plaisir,
ce qui fait jouir les hommes, puisque plus une femme a une humidification plus
la puissance virile de l’homme augmente. Ç'a été testé avec l’anneau vaginal,
qui donne à l’homme l’impression qu’il est plus viril, et ça augmente donc
son plaisir. C’est le côté positif. Il y a l’envers de la médaille, c’est que
l’homme a peur que la jouissance de la femme lui échappe. Il est donc à la fois
heureux de lui donner, et en même temps il craint de ne plus faire face et qu’elle se
passe de lui.






