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Manifestants à Paris. Nicolas Sarkozy affronte sa première mobilisation d'ampleur depuis le début de la crise face aux syndicats, qui l'appellent unanimement à répondre aux demandes sociales et à "entendre la rue."/Photo prise le 29 janvier 2009/REUTERS/B
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy affronte jeudi sa première mobilisation d'ampleur depuis le début de la crise face aux syndicats, qui l'appellent unanimement à répondre aux demandes sociales et à "entendre la rue."
Pour ce premier test, les huit organisations syndicales qui ont appelé à cette mobilisation comptent mettre en avant la participation aux 200 manifestations prévues à travers la France, plus que les grèves, moyennement suivies.
Elles ont fixé la barre très haut en promettant une mobilisation "sans équivalent depuis longtemps", qui sera sans doute comparée à celle de mars 2006 contre le CPE (Contrat première embauche), contre lequel de 1,2 à 2,6 millions de personnes selon les sources avaient défilé dans les rues.
L'un des enjeux de cette journée d'action illustrant le malaise social qui, selon la gauche, se développe dans le pays sera la participation du secteur privé.
Les premiers cortèges en province étaient fournis, avec, selon les syndicats, plus de 100.000 manifestants d'après des chiffres provisoires à Marseille, 20.000 à 50.000 à Lyon, 21.000 à Caen selon la police, qui parle d'un chiffre très élevé pour la région, et 15.000 à Rouen.
Dans des villes moyennes, la mobilisation est également forte, 15.000 à 25.000 à Perpignan, 9.000 à 14.000 à Tarbes, 7.000 à Boulogne-sur-Mer, 5.000 à Arras.
En revanche, les grèves restaient en demi-teinte et le mouvement perturbe moins fortement les transports qu'attendu.
Pour l'ensemble de la fonction publique, le taux de participation était de 23,5% à la mi-journée, selon le ministère. Il variait selon les sources de 34,6% (ministère) à 60% (syndicats) dans l'Education nationale.
A La Poste, la direction faisait état d'un taux de participation de près de 25% (40% pour le syndicat Sud-PTT) alors qu'à la SNCF plus d'un employé sur trois (36,7%) faisait grève à en croire la direction.
Les syndicats demandent à l'unisson des mesures pour l'emploi et le pouvoir d'achat.
Jusqu'à présent, Nicolas Sarkozy a exclu toute relance par la consommation et affirmé qu'il poursuivrait les réformes, dont le rythme ou la nature contribuent, selon les syndicats et la gauche, au malaise social.
"UNE JOURNÉE NE SUFFIRA PAS"
Le ministre du Budget, Eric Woerth, a confirmé jeudi que le gouvernement n'entendait pas changer de cap dans cette période "de très très grande tempête."
"Le gouvernement ne va pas renoncer à réformer un pays qui en a besoin", a renchéri le ministre de l'Education Xavier Darcos sur LCI.
Les responsables syndicaux se rencontreront lundi prochain pour décider d'une éventuelle suite au mouvement.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a promis jeudi d'être "très attentif" aux réponses que le gouvernement et les employeurs apporteront à la mobilisation.
"Je ne peux pas supposer que demain ce soit la version 'j'ai rien vu, j'ai rien entendu et j'ai rien à dire' de la part du chef de l'Etat. Ce n'est pas possible", a-t-il déclaré sur RTL.
La CGT proposera lors de la réunion intersyndicale de lundi de prolonger le mouvement sous des formes qui restent à définir, a précisé la numéro 2 du syndicat, Maryse Dumas.
"C'est évident qu'une journée ne suffira pas", a lancé Olivier Besancenot, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
D'autres responsables syndicaux se montrent toutefois prudents sur la possibilité d'une nouvelle grève à court terme.
"Le message est clair: aujourd'hui il y a besoin de pouvoir d'achat populaire donc il faut augmenter les salaires et il y a besoin d'emploi", a dit la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet.
Le Parti socialiste, qui cherche à rebondir sous l'impulsion de son nouveau premier secrétaire Martine Aubry, entend accompagner le mouvement social et a appelé ses adhérents à manifester en nombre, pour la première fois depuis longtemps.
Pour le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, "le vrai sujet sur lequel on attend le président de la République aujourd'hui c'est qu'il soit en capacité de relancer l'économie française par un soutien concret au pouvoir d'achat".
"Je ne crois pas qu'il faille zapper et changer de politique sans arrêt", a répliqué le ministre du Budget Eric Woerth sur RMC. "On doit garder son sang-froid dans cette période de très, très grande tempête."
Jean-Baptiste Vey avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse