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Une semaine après les manifestations du 29 janvier, qui ont réuni un à 2,5 millions de personnes, Nicolas Sarkozy a multiplié les gestes pour répondre à l'inquiétude des Français face à la crise économique. /Photo prise le 5 février 2009/REUTERS/Gerard Ce
par Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a multiplié jeudi les gestes pour répondre à l'inquiétude des Français face à la crise économique, une semaine après les manifestations du 29 janvier, qui ont réuni un à 2,5 millions de personnes.
Plusieurs syndicats organisateurs de ces manifestations se disent toutefois déçus par l'intervention radiotélévisée du chef de l'Etat, tandis que l'opposition socialiste et les centristes du MoDem jugent ses propositions insuffisantes.
Le président de la République a redit sa détermination à poursuivre les réformes "au même rythme" et défendu son pari d'une relance économique par l'investissement.
"Nous avons (...) mobilisé tout ce qu'il y avait dans les cartons de l'Etat comme investissements qui attendaient depuis des années", a expliqué le chef de l'Etat, dont c'était la première intervention télévisée depuis juin 2008. "Personne ne sait exactement ce que ça va sauver comme emplois mais ce qu'on sait c'est que ça donne du travail."
Nicolas Sarkozy a cependant promis d'aller "plus loin" que ce plan de 26 milliards d'euros jugé insuffisant par les syndicats et une opposition de gauche en embuscade.
"Je suis bien obligé de réfléchir à ce que doit être une politique sociale adaptée à la situation de crise aujourd'hui", a expliqué le chef de l'Etat, qui a jugé "normal" que les Français soient inquiets face à la "crise du siècle".
Nicolas Sarkozy a ainsi donné rendez-vous le 18 février aux partenaires sociaux pour discuter d'une série de mesures en faveur des salariés en chômage partiel, des jeunes, des ménages les plus fragiles mais aussi des classes moyennes.
1,4 MILLIARD D'EUROS POUR LE SOCIAL
Ces mesures, a-t-il promis, seront notamment financées par les intérêts récoltés sur les aides octroyées par l'Etat aux principales banques françaises.
"L'argent que nous avons prêté aux banques pour qu'elles fassent leur métier rapportera au budget de l'Etat 1,4 milliard d'euros (en 2009, ndlr) que j'utiliserai intégralement pour financer des mesures sociales", a expliqué Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'Etat s'est prononcé en faveur d'une amélioration de l'indemnisation du chômage partiel au-delà de 60% du salaire brut et a jugé nécessaire de trouver une solution pour les salariés en fin de contrat de travail à durée déterminée ou pour les jeunes chômeurs.
"Je dis aux partenaires sociaux: l'Etat est prêt à faire un effort, travaillons ensemble, voyons comment on peut mieux les protéger", a-t-il ajouté.
Il s'est également dit en faveur d'un rééquilibrage de la distribution des profits des entreprises en faveur des salariés - un tiers pour ces derniers, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour l'investissement - quitte à légiférer.
"Je vais mettre ce sujet sur la table le 18 février. J'engage les organisations syndicales et le patronat à discuter. Soit ils arrivent à quelque chose, soit l'Etat prendra ses responsabilités par la loi", a-t-il dit
SUPPRESSION DE LA TAXE PROFESSIONNELLE
Nicolas Sarkozy a également évoqué des "pistes" pour aider les classes moyennes : la suppression éventuelle de la première tranche de l'impôt sur le revenu à 5%, qui concerne environ deux millions de contribuables, ou du deuxième tiers de l'impôt sur le revenu en 2009 pour cette catégorie sociale ; l'augmentation des allocations familiales.
Il a en revanche paru exclure un coup de pouce au salaire minimum, le smic.
Le président a par ailleurs annoncé la suppression de la taxe professionnelle en 2010 pour permettre à la France de garder ses usines, au risque de déclencher un tollé des collectivités locales, dont c'est une source de revenus.
"Je veux qu'on arrête les délocalisations", a-t-il expliqué en précisant qu'il entendait consulter les élus locaux pour compenser le manque à gagner de huit milliards d'euros.
La CFDT a estimé que Nicolas Sarkozy avait fait "peu de propositions concrètes" mais a reconnu qu'il avait proposé des pistes de travail et annoncé qu'elle serait au rendez-vous du 18 février, de même que Force ouvrière.
Pour FO, le chef de l'Etat n'a rien annoncé "de concret et d'immédiat" en matière de salaires, d'emploi et services publics, trois thèmes qui "devront être sur la table des discussions du 18 février".
Du côté des formations politiques, le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a accusé Nicolas Sarkozy de "laisser les Français seuls" face à la crise.
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a pour sa part estimé que "la seule annonce concrète" - la suppression de la taxe professionnelle - risquait de provoquer une crise des finances locales.
Avec le service France, édité par Yves Clarisse