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CHUTE DU PIB DE LA FRANCE
PARIS (Reuters) - Le ministère de l'Economie a fortement abaissé lundi sa prévision de croissance du produit intérieur brut de la France à -1,5% en 2009, tout en excluant de nouvelles mesures de soutien à la consommation dans l'immédiat.
Selon Bercy, la contraction du PIB et les dépenses engagées pour répondre à la crise devraient porter le déficit public aux environs de 5% du PIB. Plus de 300.000 emplois devraient dans le même temps être supprimés dans le privé.
Alors que la gauche et les syndicats manifesteront le 19 mars pour demander de nouvelles mesures sociales, la ministre de l'Economie a vanté l'action du gouvernement jusqu'à présent.
"Je crois qu'on a anticipé et qu'on a toujours été sur la balle au bon moment pour être un peu devant les autres", a dit Christine Lagarde lors d'un déplacement en Haute-Saône.
La ministre de l'Economie a souligné devant des journalistes que même révisée en baisse, la croissance française devrait dépasser les prévisions de la Commission européenne (-1,8%) et du Fonds monétaire international (-1,9%) et être supérieure à celle constatée en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
Jusqu'alors, la France prévoyait une hausse de 0,2% à 0,5% du PIB cette année et un déficit atteignant 4,4% du PIB.
Interrogée sur le bien-fondé d'un autre plan de relance, que plusieurs économistes jugent nécessaire, elle a dit attendre que les mesures déjà annoncées soient mises en place "avant de se poser la question sur un xième plan de relance" .
"IL FAUDRAIT UN MIRACLE"
Les nouvelles prévisions seront présentées mercredi en conseil des ministres lors d'un collectif budgétaire qui intégrera les mesures sociales d'un montant de 2,6 milliards d'euros annoncées le 18 février par Nicolas Sarkozy.
Ces mesures viennent s'ajouter aux 26 milliards d'euros du plan de relance de l'économie axé sur l'investissement annoncé en décembre, dont le gouvernement a dit attendre un impact de 0,6 point sur la croissance en 2009 .
Selon Le Figaro, qui a révélé lundi les prévisions du gouvernement pour 2009, Bercy prévoit pour 2010 une croissance de 0,5% à 1% et la destruction de 50.000 emplois, après 320.000 à 350.000 destructions nettes en 2009.
Pour Alexander Law, économiste au cabinet d'études Xerfi, la prévision de Bercy pour 2009 "correspond presque au meilleur scénario" .
"Nous prévoyons une récession bien plus importante", renchérit Dominique Barbet, de BNP Paribas, qui attend un recul de 2,5% du PIB et un déficit proche de 6% cette année .
Selon Maryse Pogodzinski, économiste chez JP Morgan qui prévoit un recul de 2,4% du PIB cette année, "moins 1,5 parait assez optimiste".
"Vus les indicateurs du début d'année et l'impulsion très négative de la fin de l'année dernière, il faudrait presque un miracle pour que l'économie affiche un chiffre meilleur que -1,5%, -2% ou peut-être pire", dit-elle.
Selon une source au ministère de l'Economie citée par Le Figaro, Bercy attend un premier trimestre "très mauvais" et juge qu'"on aura touché le fond au printemps".
Visée par une procédure européenne pour déficit excessif, la France doit transmettre à la Commission ses nouvelles prévisions à l'occasion de l'Eurogroupe et de l'Ecofin des 9 et 10 mars.
Ces prévisions doivent aussi être débattues le 17 mars par la Commission économique de la nation, qui réunit des économistes et des personnalités qualifiées.
Le Parti socialiste a renouvelé lundi sa demande d'un nouveau plan de relance "massif" d'environ 50 milliards d'euros.
"Les nouvelles prévisions du gouvernement montrent l'inefficacité de son plan de relance, dont les effets n'évitent pas un plongeon de l'activité", écrit son secrétaire national à l'économie, Michel Sapin, dans un communiqué.
Le PS demande une prime de 500 euros pour les bénéficiaires de la prime pour l'emploi et des minimas sociaux, une revalorisation du smic de 3%, la baisse d'un point du taux de TVA et la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires.
Jean-Baptiste Vey, Anna Willard et Tamora Vidaillet, édité par Gilles Trequesser