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À Paris, salariés et fonctionnaires battent le pavé

par Laure Bretton PARIS - "Ensemble face à la crise", proclame la banderole de tête. A quelques mètres, une poignée de salariés de Continental...

REUTERS |  RMC.fr  |  19/03/2009
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Salariés et fonctionnaires dans les rues de paris
© Reuters Jeudi, des "îlots" de salariés ont manifesté dans un océan de fonctionnaires à Paris, où le ton de la manifestation pour réclamer des mesures sociales, qui a réuni entre 1,2 et trois millions de personnes dans toute la France selon les sources, s'est nett
par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - "Ensemble face à la crise", proclame la banderole de tête. A quelques mètres, une poignée de salariés de Continental échangent des informations sur la mobilisation avec des retraités de la fonction publique.
Jeudi, des "îlots" de salariés ont manifesté dans un océan de fonctionnaires à Paris, où le ton de la manifestation pour réclamer des mesures sociales, qui a réuni entre 1,2 et trois millions de personnes dans toute la France selon les sources, s'est nettement durci contre Nicolas Sarkozy.
Devant l'affluence, un itinéraire-bis a été ouvert par la préfecture de police de Paris, scindant le cortège en deux entre les places de la République et de la Nation.
Six semaines après la première journée de mobilisation, les chiffres du chômage - 90.000 demandeurs d'emplois en plus en janvier - et les dernières annonces de plans sociaux nourrissent les conversations au même titre que la réduction des effectifs dans l'Education nationale.
"Toutes les catégories professionnelles souffrent du cynisme économique", explique Sophie, professeur de littérature à Paris. "C'est bien que les gens du privé exploités comprennent que la fonction publique n'est plus l'ennemie".
Dans le cortège, sous les immenses ballons des organisations syndicales, des banderoles font écho à l'actualité économique.
"Continental, trahison, patron voyou", peut-on lire sur les calicots oranges d'un groupe d'hommes en grosses vestes de montagne, en référence au fabricant allemand de pneus qui a annoncé des suppressions d'emplois en France.
Dans le carré de la CFDT, une pancarte annonce la présence d'ouvriers du groupe Total, qui a annoncé 555 suppressions de poste après la publication de résultats records pour 2008.
Des salariés de Thomson, dont l'action a perdu plus de 80% en 2008, disent "non au démantèlement", ceux de Lucent-Alcatel et de Safran refusent les "suppressions de postes" avec force sifflets et tambours.
"ÇA VA PÉTER"
Les secteurs aidés par le gouvernement ne sont pas en reste.
"Les salariés ne sont pas les banquiers. Il faut de la solidarité", explique Annie, pour qui le plan de soutien à la filière bancaire ne bénéficie pas qu'aux patrons.
Des dizaines d'ouvriers de l'usine Faurecia d'Etampes, un équipementier automobile ont fait le déplacement. "Renault, Peugeot, on veut du boulot", scandent-ils sous le soleil.
A part le ministre de l'Education, Xavier Darcos, brocardé par les bataillons d'enseignants, le chef de l'Etat est la cible unique des manifestants.
Tous dénoncent son intransigeance en matière économique et prédisent un embrasement social. "Pourquoi remettre au 1er mai ce qu'on peut faire demain", peut-on lire sur la pancarte de Marc, universitaire parisien en grève depuis sept semaines.
"Sarkozy pour l'emploi, c'est 'faites ce que je dis, pas ce que je fais", tranche une dame âgée portant un badge "retraité floué". "C'est pas possible, ça va péter", pronostique un syndicaliste de SUD.
Le long des boulevards, comme le veut la tradition, les partis politiques ont installé leurs stands, à distance des organisations syndicales qui ne veulent aucune récupération.
Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a réussi le plus beau coup médiatique.
Des milliers de manifestants défilent avec son autocollant "Casse-toi, pov'con!", reprenant l'invective lancée l'an dernier par Nicolas Sarkozy à un visiteur du salon de l'Agriculture.
En pleine fronde du monde de la culture contre le gouvernement, symbolisée par des lectures publiques du roman "La Princesse de Clèves", un livre pour lequel Nicolas Sarkozy a dit son peu de goût, une jeune femme assise sur les escaliers du métro a fait son miel de l'injure présidentielle.
"Cultive-toi, pov'con", proclame sa pancarte.
Edité par Yves Clarisse

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