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La présidente du Medef, Laurence Parisot, a réitéré son opposition à une loi pour encadrer les rémunérations des dirigeants d'entreprises et opposé une fin de non-recevoir à l'"ultimatum" du gouvernement. /Photo prise le 24 mars 2009/REUTERS/Philippe Woja
PARIS (Reuters) - La présidente du Medef, Laurence Parisot, a réitéré son opposition à une loi pour encadrer les rémunérations des dirigeants d'entreprises et opposé une fin de non-recevoir à l'"ultimatum" du gouvernement.
Pour le Medef et l'Afep (Association française des entreprises privées), le seul outil valable est le "code de bonne conduite" qu'ils ont adopté en octobre dernier.
"Le code sert beaucoup", a déclaré Laurence Parisot après son audition par la commission des Lois de l'Assemblée.
"Sans l'appui des principes énumérés dans le code", a-t-elle affirmé, "je n'aurais pas pu dire ce que j'ai dit hier" à propos du P-DG en instance de départ de l'équipementier automobile Valeo Thierry Morin, à qui Laurence Parisot a demandé de renoncer à son "parachute doré" de 3,2 millions d'euros.
"Sans un certain nombre d'articles du code, nous n'aurions pas pu convaincre non plus certains dirigeants de renoncer à des attributions d'options qu'il ne convenait pas de faire en ce moment", a-t-elle poursuivi.
"Comptez sur moi pour contribuer à mettre chaque jour un peu plus d'éthique dans le monde des entreprises", a-t-elle affirmé.
La "patronne des patrons" s'est interrogée sur le bienfait d'une loi sur ce sujet comme le proposent de nombreux députés, même si le gouvernement semble hésiter sur le sujet.
"La question que j'ai envie de poser c'est : une loi sur quoi, sur quel aspect ?", a-t-elle demandé.
"Il peut y avoir plein de choses qui à mes yeux ne méritent pas de législation parce qu'on a peur des effets pervers", a-t-elle dit. "Dans certains cas est-ce que c'est par la loi qu'on va pouvoir à l'avance repérer tous les abus possibles ?".
LES STOCK-OPTIONS, "C'EST FORMIDABLE"
La présidente du Medef s'est déclarée hostile à la suppression ou à la limitation des stock-options. "Je pense qu'il y aurait plus de dommages à les interdire ou même les limiter que d'avantages", a-t-elle affirmé.
"Je pense que les stock-options, quand elles sont utilisées dans une logique qui est celle de la motivation et de l'attachement durable à l'entreprise, c'est formidable. Quand elles sont utilisés pour des start-up, c'est absolument formidable", a-t-elle expliqué.
Enfin, Laurence Parisot a annoncé qu'elle allait répondre par lettre "d'ici ce soir" à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et au ministre du Travail, Brice Hortefeux, à propos de l'"ultimatum" du gouvernement sur les rémunérations.
Sur France Inter, le conseiller spécial du chef de l'Etat, Henri Guaino, a rappelé que le gouvernement avait déjà demandé au Medef des propositions avant le 31 mars prochain.
"Ce n'est pas une invitation, c'est un ultimatum. Soit d'ici le 31 mars nous aurons des résultats, soit le gouvernement prendra ses responsabilités", a-t-il déclaré.
La présidente du Medef a dit ne pas avoir le pouvoir de présenter, au nom de tous les chefs d'entreprises, des propositions en ce domaine comme le lui demande le gouvernement.
"Je n'ai pas le pouvoir, et je n'ai pas le désir de l'avoir, d'imposer quoi que ce soit dans ce domaine aux chefs d'entreprises. Nous ne sommes pas un ordre professionnel. Nos adhérents doivent garder toute leur liberté dans leur management. Ils doivent pouvoir faire des choix, des compromis qui sont difficiles à faire en ce moment", a-t-elle déclaré.
Emile Picy, édité par Yves Clarisse