Gilles : Je
suis marié, je vis avez ma femme, mais j'ai une vie secrète. J'avais découvert
le plaisir anal, sans partenaire, tout seul, et j'ai aussi commencé à être fortement attiré
par des transsexuels, des hommes devenus des femmes. J'ai donc voulu passer à l'acte et j'ai été très troublé,
autant par leur féminité que par leur virilité. Je me suis aperçu que beaucoup
d'hommes avaient ces fantasmes, mais il très dur de l'avouer. Ma femme n'est
pas au courant; ça devient presque obsessionnel et je voudrais me libérer de
ce poids. Ayant pu aller au bout de ce fantasme, je ne sais pas si j'ai bien fait,
mais je voudrais me sentir plus libéré.
Brigitte Lahaie : Il n'y a pas à juger si vous avez bien fait ou pas. Le passage à
l'acte n'est pas forcément la fin du fantasme. C'est un peu obsédant. Je vais banaliser la
pulsion sexuelle: c'est un peu comme les personnes qui ont des pulsions qui les poussent à manger du chocolat, sauf que c'est moins impliquant que d'aller pratiquer un
fantasme un peu marginal.
Vous arrivez à m'en parler, je ne suis pas choquée et
je ne vous dis pas que c'est mal, maisl il est sûr que si vous allez le
dire à votre femme, ça peut poser un problème. Il ne faut pas le raconter à n'importe
qui. Dès que l'on parle de fantasmes un peu marginaux, il y a beaucoup
de gens qui ne comprennent pas, car on ne comprend pas ce qui ne nous parle
pas. Mais ce n'est pas parce que ça ne parle pas qu'il ne faut pas le faire.
Vous
pouvez aller voir quelqu'un, un psy, qui va vous écouter et
vous aider à comprendre, et vous aider à faire quelque chose d'autre de votre
culpabilité. Le danger de la culpabilité, c'est qu'à un moment donné ça nous
ronge, et on risque de s'organiser pour être découvert, pour être puni. C'est
l'inconvénient de la culpabilité.
Pour faire disparaitre une obsession, il y a
deux solutions : soit on comprend pourquoi on a cette pulsion et on arrive
alors à en faire autre chose, soit on fait disparaître la pulsion elle-même. C'est soit une
thérapie un peu comportementale, soit une thérapie plus psychanalytique.