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Incertitude dans le conflit des prisons malgré une avancée

PARIS - La situation dans les prisons reste très incertaine jeudi matin malgré un projet d'accord sur la création de 174 emplois nouveaux, présenté...

REUTERS |  RMC.fr  |  07/05/2009
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Les surveillants de prison
© Reuters LES SURVEILLANTS DE PRISON
PARIS (Reuters) - La situation dans les prisons reste très incertaine jeudi matin malgré un projet d'accord sur la création de 174 emplois nouveaux, présenté par le gouvernement pour régler le conflit ouvert lundi dernier.
Les syndicats des surveillants FO et Ufap ont salué des "avancées" et demandé la suspension des blocages après des négociations nocturnes au ministère de la Justice, mais la CGT, qui avait quitté la réunion avant son terme, juge les propositions insuffisantes et appelle à poursuivre l'action.
Les blocages ont repris à Orléans, prison la plus surpeuplée de France deux fois plus de détenus que de places, a constaté Reuters. Les gardiens de Fresnes, Toulouse-Seysses, Mont-de-Marsan et Perpignan ont aussi refusé l'accord et bloqué les accès de leurs centres de détention, dit la CGT.
L'issue globale du conflit devait être connue dans la journée après des votes établissement par établissement. Le ministère espère un accord "le plus vite possible", a dit son porte-parole Guillaume Didier.
Contredisant des déclarations du ministre du Budget Eric Woerth en début de semaine, qui excluait toute nouvelle progression de l'enveloppe, est concédée la création de 174 emplois dans le budget 2010, afin de permettre une meilleure surveillance de nuit dans une soixantaine de petites prisons.
Cette concession s'ajoute aux 177 emplois déjà obtenus fin 2008, qui viendraient donc renforcer les personnels de jour. Même si elle apparaît limitée au regard des 23.400 surveillants actuels et des problèmes rencontrés dans les 194 prisons où s'entassent 63.351 détenus pour 52.000 places, les syndicats FO et Ufap ont accepté d'étudier la proposition.
LA CGT VEUT 1.000 À 2.000 EMPLOIS
"Nous avions 177, nous avons 174, nous sommes à 351. Moi, je n'ai pas à dire si c'est suffisant ou pas. Ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'il y a une avancée", a dit à la presse Christophe Marquès, secrétaire général du SNP-FO.
"Nous levons le dispositif pour pouvoir sereinement et tranquillement en discuter et en fonction de ce que (les personnels) nous diront, on reconduira ou pas l'action", a déclaré le secrétaire général de l'Ufap, Jean-François Forget.
En revanche, Céline Verzeletti, de la CGT, a rappelé que son évaluation des recrutements nécessaires est de 1.000 à 2.000 et décidé jeudi matin de refuser la proposition.
"Les 174 emplois, moins d'un par prison, c'est minime, ça ne pourra pas avoir d'effet sur les conditions de travail", a-t-elle dit à Reuters.
Le mouvement s'est durci de jour en jour depuis lundi, et la police a dû souvent intervenir lundi, mardi et mercredi sans ménagement pour dégager les accès des centres de détention bloqués par des surveillants en congés ou hors de leurs heures de service. Ils n'ont pas le droit de grève.
La situation dans les prisons, où les détenus dorment parfois à cinq par cellule, est qualifiée de dramatique par les syndicats de surveillants. Meurtres, suicides de détenus et de gardiens se multiplient depuis la fin 2008 et des problèmes d'hygiène comme l'apparition de la tuberculose apparaissent.
Est mise en cause la politique pénale du gouvernement, qui selon les magistrats va mécaniquement faire augmenter la population carcérale avec les "peines-plancher" minimales pour les récidivistes.
Rachida Dati a répliqué en accusant le PS de n'avoir rien fait lorsqu'il était au pouvoir en 1997-2002. Absente des discussions conduites par son cabinet, elle est apparue à la table des négociations mercredi après le départ de la CGT.
La Conférence des bâtonniers d'ordres d'avocats et les aumôniers de prison ont appelé cette semaine le gouvernement à agir et aussi à ne pas revenir sur la mise en oeuvre des règles européennes visant à humaniser la vie carcérale, comme cela a été promis aux surveillants dans le projet d'accord.
Thierry Lévêque et Grégory Blachier et Mourad Guichard, édité par Henri-Pierre André

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