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La confusion règne encore mercredi dans les universités françaises, où quatre mois de grève contre la réforme du gouvernement compromettent la tenue des examens validant une année d'études tronquée. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau
PARIS (Reuters) - La confusion régnait encore mercredi dans les universités françaises, où quatre mois de grève contre la réforme du gouvernement compromettent la tenue des examens validant une année d'études tronquée.
Dans un entretien à paraître jeudi dans Le Figaro, François Fillon précise que le gouvernement étudie deux solutions pour les universités bloquées : le report des examens à septembre ou leur organisation en dehors de l'enceinte des facultés.
Le Premier ministre chiffre à six le nombre d'universités "qui ne sont pas aujourd'hui en mesure de faire passer les examens avant la fin du mois de juin".
Il réaffirme que "jamais, jamais", le gouvernement ne reviendra sur l'autonomie des universités.
Dans une tribune publiée mercredi dans Le Monde, six présidents d'universités touchées par le mouvement national contre la réforme défendue par la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, dénoncent une "situation grave".
"Il y a un risque réel de non-validation du semestre, donc de l'année, ce qui est aussi catastrophique pour les étudiants qu'ingérable pour nos administrations", écrivent les présidents des universités de Grenoble-III, Paris-VIII, Montpellier-III, Paris-X, Paris-IV (La Sorbonne) et Lille-I.
Après avoir dénoncé "l'obstination ministérielle" et évoqué "un sentiment d'amertume, de colère, de rancoeur, voire de désespoir" dans les universités, ils demandent à Nicolas Sarkozy "des gestes d'apaisement vigoureux, radicaux et clairs".
Sur l'ampleur de la mobilisation, les chiffres varient.
Selon le collectif Sauvons l'université, "sur les 69 établissements qui ont répondu à notre demande de renseignements, 39 se déclarent encore en grève (totale, partielle ou perlée) et 23 connaissent des formes de blocage, dont 2 IUFM qui sont occupés".
Le ministère de l'Enseignement supérieur parle, lui, de "perturbations dans une petite dizaine d'universités" et qualifie de "difficile" la situation à Paris IV et Toulouse II.
"La reprise des cours est une tendance qui se confirme jour après jour et elle correspond à une tendance majoritaire des étudiants et de la communauté universitaire", a déclaré Valérie Pécresse lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.
"Nous serons extrêmement vigilants sur la qualité des diplômes qui seront délivrés", a-t-elle dit. "Il n'y aura pas de diplôme national délivré sans rattrapage des cours".
LA POLICE INTERVIENT À SAINT-ETIENNE ET MARSEILLE
Depuis le début de la crise, en janvier, le décret sur le statut des enseignants chercheurs a été réécrit et les suppressions de postes ont été gelées pour deux ans.
Une réunion sur la formation des enseignants, principale pomme de discorde avec le gouvernement avec la question des enseignants chercheurs, s'est tenue dans la matinée au ministère de l'Education nationale.
Le syndicat FSU a noté à l'issue dans un communiqué un "nouveau bougé, encore insuffisant" de la part du ministère.
Réunie à Marne-la-Vallée, la coordination nationale des universités (CNU) a apporté son soutien à "toutes les décisions prises par les équipes pédagogiques pour valider les semestres".
"Notre souci principal c'est que l'incroyable surdité du gouvernement ne se retourne pas contre les étudiants", a dit Nicolas Schapira, porte-parole de la CNU.
La coordination préfère parler de validation de semestre plutôt que d'examens, "le terme du pouvoir pour dire que tout est redevenu normal", dit Nicolas Schapira.
Cette validation pourrait passer par un aménagement de l'évaluation, une restriction des programmes, la transformation des épreuves ou la neutralisation pure et simple des semestres, comme ce qui semble dessiner à La Sorbonne.
Des assemblées générales se sont encore tenues mercredi, à Lyon II et Grenoble III notamment.
Les forces de l'ordre sont intervenues dans la matinée à Saint-Etienne pour empêcher des affrontements entre étudiants pro et anti-blocage et permettre l'accès aux salles de cours.
Dans l'après-midi, à Marseille, la police a évacué en douceur une centaine d'étudiant de la faculté de sciences Saint-Charles, qui avait voté la poursuite du mouvement.
Elizabeth Pineau, Laure Bretton et Sophie Louet, avec Catherine Lagrange à Lyon et Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Yves Clarisse