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Le Français Gaspar Noé, aux côtés de Paz de la Huerta, a présenté à Cannes "Soudain le vide", dernier des quatre longs métrages français en lice pour la Palme d'or. /Photo prise le 22 mai 2009/REUTERS/Régis Duvignau
par Wilfrid Exbrayat
CANNES (Reuters) - Le Français Gaspar Noé avait créé la controverse à Cannes voici sept ans avec "Irréversible", une violente histoire de vengeance filmée à rebours avec Vincent Cassel et Monica Bellucci.
Le scénario pourrait se répéter cette année avec "Soudain le vide", dernier des quatre longs métrages français en lice pour la Palme d'or.
"Soudain le vide" s'inspire du "Livre des morts tibétains" et son action se déroule pour l'essentiel à Tokyo. Oscar (Nathaniel Brown) est un "dealer" de drogue et sa soeur Linda (Paz de la Huerta) qui l'a rejoint à Tokyo a trouvé un emploi de strip-teaseuse.
Tous deux sont orphelins, leurs parents étant décédés à la suite d'un violent accident de la circulation.
Un jour, Oscar périt de mort violente dans une boîte de nuit appelée "The Void" (Le Vide - le titre anglais du film est 'Enter the Void'). Son esprit se libère et commence son voyage dans l'espace et le temps.
"Soudain le vide" est filmé soit en vue subjective, soit le personnage principal cadré de dos, hauteur épaules. La caméra de Gaspar Noé ne cesse aussi de survoler les rues de Tokyo, cherchant la première ouverture ou la première lumière disponible pour amener le spectateur vers un nouveau moment de la vie d'Oscar, dans une chronologie bouleversée.
Ces longs travellings en plongée complète, où la caméra passe d'une pièce à l'autre, d'un bâtiment à l'autre ou d'une rue de Tokyo à l'autre, Gaspar Noé les avait déjà expérimentés dans "Irréversible".
Les deux films ont également en commun leur tonalité ténébreuse, celle de la rue aussi bien que des clubs de strip-tease à l'ambiance glauque.
Le voyage intérieur du héros alterne entre ombres fortes et sas lumineux aveuglants, sans parler des visions organiques sous acide - la drogue est omniprésente - évoquant des corolles de méduse ou encore de longs bras d'étoile de mer.
Il fait enfin irrésistiblement penser à un autre voyage initiatique : celui de l'astronaute de "2001, Odyssée de l'espace ", de Stanley Kubrick, dont les images informatisées et les solarisations étaient révolutionnaires pour l'époque (1968).
"Soudain le vide" est un projet que Gaspar Noé nourrissait depuis une dizaine d'années. "Je ne sais combien de versions du scénario de ce film" ont été écrites, a-t-il dit vendredi en conférence de presse.
"Mais la base a toujours été de suivre l'esprit de quelqu'un qui est mort", a-t-il ajouté. "Même s'il a traîné, je pense que le film s'est fait au bon moment".
Le long métrage, faiblement applaudi, a une durée annoncée de deux heures et demie mais la version cannoise était encore un peu plus longue et sa vision tournait parfois au pensum.
Edité par Sophie Louet