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Bien lire au 5e paragraphe, le deuxième plus mauvais score européen
par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - Une réunion pour rien? Le Conseil national du Parti socialiste, censé tirer les enseignements de la défaite aux européennes n'a débouché mardi soir sur aucune décision concrète, malgré la pression s'accumulant sur Martine Aubry.
Fragilisée par la débâcle de dimanche, Martine Aubry a pris de court les "éléphants" en rencontrant Ségolène Royal en milieu de journée -- un tête-à-tête à l'abri des caméras, dans les bureaux de l'ancienne candidate à la présidentielle.
Même si elle n'a pas assisté au Conseil national, la présidente de Poitou-Charentes a assuré son ancienne rivale de son "soutien complet" dans la "transformation radicale" du PS.
Comme un remake du congrès de Reims, en novembre, les courants se sont consultés tout l'après-midi, se fixant les mêmes priorités qu'il y a six mois: alliances, primaires présidentielles et dialogue renoué avec les classes populaires.
Ensuite, quatre heures de Conseil national dans un grand hôtel parisien n'ont pas permis de solder les comptes après le deuxième plus mauvais score européen depuis 1979, premier échec du PS à une élection intermédiaire depuis 2002.
"La parole fait du bien", a assuré à sa sortie François Rebsamen, ancien numéro deux du PS pendant les onze années de direction de François Hollande.
"C'était une belle séance de travail", a avancé Martine Aubry en sortant vers 22h00 entourée de toute sa direction, à l'exception d'Arnaud Montebourg qui avait prévenu à son arrivée que ce conseil était "la dernière station-essence avant le désert".
"On les a tous mis dans une salle et ça n'a pas explosé", commente, désabusée, une cadre du parti pour qui la réunion était peut-être "un conseil pour rien".
Après avoir laissé entendre qu'il démissionnerait en cas d'échec, Benoît Hamon, porte-parole privé de son unique mandat électif, a fait savoir qu'il restait à la direction pour travailler au "rassemblement de la gauche" en vue de la présidentielle de 2012.
DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE, ACTE II
Devant le Conseil national, Martine Aubry a annoncé la nomination de Ségolène Royal à la vice-présidence de l'Internationale socialiste, un poste qu'elle convoitait depuis longtemps.
Après leur meeting de "réconciliation" le 27 mai près de Nantes, les deux dirigeantes se sont parlé au téléphone dimanche soir.
Mais surtout, elles se rencontrées en tête à tête mardi matin pendant près d'une heure dans les bureaux de Ségolène Royal, boulevard Raspail.
Dans un communiqué "royaliste" qui ne mentionne pas les européennes, il est précisé qu'elles se consulteront désormais "en direct", soit à l'écart des ténors du PS, "pour agir dans l'intérêt de leur famille politique".
Maniant l'ironie et l'amertume, Manuel Valls a estimé que ce rapprochement était de nature à "troubler dans les foyers français ce soir, du moins ceux qui ne regarderont pas 'la nouvelle star'", le radio-crochet télévisé.
Un peu hâtivement annoncées, les modifications au sein de la direction Aubry attendront.
Vincent Peillon, Pierre Moscovici ou Manuel Valls, dont la nomination était annoncée comme autant de gages de rassemblement, ont annoncé qu'ils déclinaient pour l'instant dans l'attente d'inflexions plus substantielles.
"Pas de Rubik's Cube, d'abord les questions de fond", a résumé Vincent Peillon.
Dans un discours mollement applaudi prononcé devant les 300 membres du CN, Martine Aubry a fait quelques propositions sans annoncer de changement de cap majeur.
Après la réunion d'un séminaire de la direction le 7 juillet et l'université d'été en août à La Rochelle, le PS lancera à la rentrée un "tour de France" pour préparer son programme présidentiel pour 2012.
Une réflexion décentralisée, avec les Français comme "ambassadeurs du projet", s'est félicitée Martine Aubry. Une méthode qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la "démocratie participative" de Ségolène Royal.
Edité par Nicole Dupont