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Investie de la redoutable mission d'incarner la "diversité" maghrébine dans le prisme médiatique après le départ de Rachida Dati, Nora Berra n'a offert qu'un sourire timide aux nombreux journalistes qui se pressaient dans la cour de l'Elysée à l'occasion
par Sophie Louet
PARIS (Reuters) - Nora Berra toute en discrétion, Benoist Apparu tout en gravité : les nouveaux venus du gouvernement ont affronté avec émotion la solennité d'un baptême du feu que Nicolas Sarkozy s'est attaché à relativiser en les invitant à être "heureux".
Investie de la redoutable mission d'incarner la "diversité" maghrébine dans le prisme médiatique après le départ de Rachida Dati, Nora Berra n'a offert qu'un sourire timide aux nombreux journalistes, photographes et cameramen qui se pressaient dans la cour de l'Elysée à l'occasion du conseil des ministres.
Vêtue d'une blouse de soie bleu nuit et d'un pantalon noir, la secrétaire d'Etat aux Aînés a posé aux côtés de la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse sur le perron à son arrivée et a regagné prudemment aux côtés de Fadela Amara, chaperon d'un instant, sa voiture officielle à son départ.
Rescapée au sourire philosophe, Rama Yade, déchue du secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme pour les Sports, a lancé "Plus haut, plus vite, plus fort!", reprenant ainsi la devise de Pierre de Coubertin.
Son nouveau ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, témoin amusé des vicissitudes politiques depuis l'ère Chirac, a marqué son ancienneté avec ironie en déclarant à l'adresse de la presse : "Je ne vous intéresse pas aujourd'hui".
Visiblement fiers d'une promotion attendue de longue date, les sarkozystes "historiques" Christian Estrosi et Pierre Lellouche, respectivement à l'Industrie et aux Affaires européennes, ont gratifié les photographes d'un large sourire.
Henri de Raincourt, bénéficiaire heureux du limogeage de Roger Karoutchi aux Relations avec le Parlement, a dérogé au mutisme de rigueur en s'avouant "très ému".
Xavier Darcos, investi d'une mission délicate au ministère du Travail, a pris le temps de poser devant les photographes comme pour savourer un dernier moment d'insouciance.
"PAS DE CHICAYAS"
Si le langage du corps avait un sens mercredi matin, celui de son successeur, Luc Chatel, illustrait sa détermination et sa volonté d'avancer sur des dossiers brûlants. Le nouveau ministre de l'Education nationale, arrivé in extremis, a gravi les marches de l'Elysée en courant jusqu'à la salle du conseil où le chef de l'Etat a salué dans une atmosphère "sympathique", selon Dominique Bussereau, les nouveaux arrivants. Huit au total.
"Vous devez être des ministres heureux, des ministres réformateurs, mais être graves parce que la situation est compliquée'", a déclaré Nicolas Sarkozy selon le secrétaire d'Etat au Logement et à l'Urbanisme, l'ex-député UMP Benoist Apparu, qui a été l'un des rares à s'exprimer.
Pour autre consigne, le chef de l'Etat a en effet instamment demandé aux membres du gouvernement d'être avares de leur expression médiatique pour éviter les "couacs" du passé.
"Méfiez-vous des sollicitations médiatiques", a-t-il insisté selon l'un des ministres.
"Ils nous a dit qu'il fallait être concentrés mais pas tristes, être des hommes heureux parce qu'on a une chance extraordinaire d'être là", a-t-il rapporté.
Un autre participant raconte : "il nous a dit : 'quand ils vous verront sur la photo, vos petits-enfants, arrière petits-enfants, se rappelleront que vous étiez assis à cette table".
"Pas de chicayas entre ministres et secrétaires d'Etat, entre membres du gouvernement" a été l'autre mot d'ordre du président de la République, selon ce ministre.
Il a enfin demandé aux ministres qui caressaient l'idée de partir en vacances cet été sous des horizons lointains de renoncer à leur projet.
"On est repartis pour une nouvelle aventure, tous prêts à travailler et à nous donner à fond", a résumé Valérie Létard, désormais sous la tutelle du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.
Édité par Yves Clarisse