PARIS (Reuters) - Absent du remaniement ministériel de mardi, Frédéric Lefebvre, un fidèle de Nicolas Sarkozy, voit son nom ressurgir à la faveur de rumeurs sur son éventuelle nomination à un poste de secrétaire d'Etat à la Culture.
Le site LePoint.fr, citant une source élyséenne, rapportait jeudi soir que le chef de l'Etat, actuellement en visite aux Antilles, envisageait de faire entrer le député des Hauts-de-Seine et porte-parole de l'UMP dans le gouvernement.
Frédéric Lefebvre était injoignable vendredi. Un membre de son entourage a démenti l'information.
"Ce n'est pas vrai du tout, c'est complètement faux. Il n'est pas au courant du tout. Il a pris connaissance de la rumeur mais il avait l'air de débarquer complètement", a précisé ce proche à Reuters.
La situation de Frédéric Lefebvre est incertaine depuis le départ du gouvernement d'André Santini, secrétaire d'Etat à la Fonction publique - l'une des victimes du remaniement.
Aux termes de la révision constitutionnelle de juillet 2008, un ministre qui quitte le gouvernement dispose d'un délai d'un mois pour retrouver son siège de député ou sénateur. Frédéric Lefebvre est le suppléant d'André Santini dans les Hauts-de-Seine.
Si André Santini décide de retourner à l'Assemblée, le porte-parole de l'UMP devra lui céder la place. Dans le cas contraire, une élection législative partielle sera nécessaire.
FÉRU D'INTERNET
Féru de nouvelles technologies, Frédéric Lefebvre s'est mobilisé pour la lutte contre le téléchargement illégal sur internet, objet du projet de loi Hadopi, un texte malmené au Parlement.
C'est l'un des dossiers sensibles dont hérite le nouveau ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand.
Après la censure partielle par le Conseil constitutionnel de la loi dite Hadopi, un texte complémentaire a été rédigé par le ministère de la Justice que Michèle Alliot-Marie, nouveau garde des Sceaux, défendra devant le Parlement à partir du 20 juillet.
Mais, comme l'a précisé l'Elysée, le ministère de la Culture et de la Communication sera "associé" à la défense de ce texte devant les députés et les sénateurs.
Frédéric Lefebvre a souvent exprimé son intérêt pour internet et s'est fait l'un des plus ardents défenseurs des droits d'auteurs depuis la signature des accords de l'Elysée en novembre 2007.
Le porte-parole de l'UMP affiche également un intérêt pour les médias alors que Frédéric Mitterrand devra gérer les suites de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques après 20 heures ainsi que la fusion des filiales de France Télévision.
Pierre Sérisier et Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet